Le zébu – omby

Le zébu – omby

Cet animal domestique est arrivé à Madagascar au cours du premier millénaire en provenance d’Inde via l’Afrique. Son aspect est caractérisé par ses imposantes cornes implantées sur son os frontal. L’ensemble se nomme bucrane. Sa bosse dorsale est tout aussi remarquable. C’est une réserve de graisse qui se constitue quand la nourriture est abondante. A la saison sèche, elle se réduit quand l’herbe se fait rare. Cette bosse perd alors de son volume et de sa superbe et elle s’incline sur le côté.

À Madagascar, le zébu est partout !

Le zébu (ou omby), comme le lémurien, est l’emblème de Madagascar. On le retrouve reproduit aussi bien sur les timbres poste, les billets de banque, les tampons en en-tête de documents officiels que sur les logos d’entreprises. Le zébu est à considérer aussi bien du point de vue économique que sociétal et religieux. Pendant des siècles, il a été l’un des piliers de l’économie malgache et le garant de l’ordre social et des us et coutumes spirituels.

Lors des cérémonies

Lors de cérémonie traditionnelles et coutumières comme le retournement des morts, le mariage ou la circoncision, les zébus sont immolés afin de servir de truchement entre les vivants et le monde des morts. Le nombre de zébus sacrifiés et partagés entre les convives montre la notoriété de la famille et son rang social. Ces sacrifices obéissent à un rituel précis. Encore vivant et placé face au nord, le zébu est aspergé d’eau lustrale. Prières et invocations sont adressées à Zanahary, le dieu créateur. La croupe du zébu est frappée du plat du couteau de sacrifice. A proximité, sont disposées des braises sur lesquelles se consument des poils de la queue, de la bosse et museau. La fumée acre qui se dégage de ce feu est destinée à attirer l’attention des ancêtres.

Une fois l’animal égorgé, intervient le partage de la viande selon des règles strictes. Après cuisson, six morceaux qui proviennent de la tête, de la bosse, de la croupe ainsi que le foie sont destinés à Zanahary, aux ancêtres et aux ainés du lignage. Certains abats et autres parties basses sont distribués aux cadets, aux femmes et aux étrangers. Ce rituel du sacrifice exalte la vie. Il permet de communier avec les ancêtres et il souligne la pérennité de la parentèle.

Charrette à zébus

Le savika

 Le savika (ou tolon’omby) vient des verbes «attraper» et «maîtriser». Outre cet aspect rituel, dans la société malgache, le zébu tient une place si prépondérante que son nom a été donné à l’équipe nationale de football. Il participe également à un sport dangereux dénommé savika. Cette sorte de tauromachie sans mise à mort de l’animal est le plus impressionnant des jeux traditionnels malgaches. Il consiste à s’agripper le plus longtemps possible à la bosse d’un zébu préalablement excité et à utiliser ses jambes comme ressort afin d’éviter de se faire piétiner par la bête.

Où trouve-t-on les zébus ?

On estime qu’il y a autant de zébus que de malgaches. L’élevage de ces bovidés est concentré dans les parties sud de l’île. En 1769, lors de la tentative de colonisation française de fort Dauphin était introduite la culture du figuier de barbarie qui est originaire du Mexique. Une fois que les épines de ces fruits sont ôtées, il permet de nourrir et d’hydrater les zébus. C’est ce qui a entrainé la sédentarisation des pasteurs dans cette région. L’élevage du zébu se retrouvé également dans l’ouest, dans les régions de Bongolava et du Ménabe  ainsi que dans le sud-ouest, dans la région Sofia. Outre pour la viande, les zébus sont également utilisés pour la traction animale, le piétinement des rizières afin de casser les mottes.

Chaque lignage d’éleveurs possède son troupeau qui est placé sous l’autorité de l’ancien de la branche ainée. Les plus jeunes acceptent de moins en moins bien l’autorité d’un ainé sur leurs biens. Ils veulent pouvoir gérer leurs bêtes à l’intérieur du troupeau commun. L’ensemble économique que représente le lignage s’en trouve d’autant diminué car il s’émiette en entités pratiquement autonomes.

zebu

A quoi sert le zébu ?

Découvrir :  Epices et gastronomie malgache

Ravitoto

Dans le zébu, pratiquement tout se mange. Sa viande est goutue et peu grasse, à l’exception de la bosse. Elle entre dans la composition de nombreux plats traditionnels. Citons le ravitoto qui est un plat de fête à base de feuilles de manioc pliées et le romazava, sorte de pot au feu aux brèdes. Comme Madagascar produit du foie gras, citons le tournedos de zébu Rossini. Les Malagasy aiment aussi manger des petites brochettes de zébu, les “masikita”. Les cornes sont à la base d’un artisanat ancestral de grande qualité, manches de couteaux, couverts, peignes et autres bijoux fantaisie.

Découvrir :  Cornes de zébu et objets miniatures à l’honneur au marché des artisans

Les daholos

Jadis, en pays Bara, afin de déclarer sa flamme et de prouver son courage, le prétendant devait offrir un zébu qu’il avait volé. Ce vol traditionnel a pris une immense ampleur à laquelle se livrent des voleurs, les dahalos. Ce sont de véritables bandes armées qui se livrent à ces méfaits et qui n’hésitent pas à affronter les forces de l’ordre. Sachant que le cout moyen d’un zébu représente un an de revenu d’un paysan, on imagine les conséquences économiques qu’entrainent ces vols ainsi que leur cortège de violences.

Gérard Naal

Proche de l’association depuis ses débuts, Gérard écrit pour le blog depuis sa mise en ligne. Il y a quelques années, Gérard Naal a réalisé combien l’histoire de Madagascar était méconnue tant des Français que des Malgaches, il a donc regroupé notes et comptes-rendus de nombreuses publications universitaires pour rédiger un livre disponible ici.

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Madagascar et les baobabs

Madagascar et les baobabs

Il ya cent millions d’années, Madagascar s’est séparée de l’Afrique. Cet isolement a permis le développement d’une diversité exceptionnelle de la faune et de la flore.

Endémisme

Ce sont 13 000 espèces de plantes dont 80 à 90°/° sont endémiques qui prospèrent dans la Grande Ile. Cela signifie qu’elles ne sont observables qu’à Madagascar. Parmi ces espèces endémiques, l’une des plus remarquables est celle des baobabs. De par le monde, on compte huit espèces de baobabs dont six n’existent qu’à Madagascar.

L’Allée des Baobabs

L’un des sites le plus photographiés de la Grande Ile est l’Allée des Baobabs (découvrir notre séjour solidaire à l’Allée des Baobabs > ici <) . Une douzaine d’arbres d’une trentaine de mètres de haut, âgés de 800 ans, bordent la route qui conduit à Morondova dans la région du Menabe, dans l’ouest de l’île. Comme nous le verrons plus loin, ils appartiennent à l’espèce Andansonia grandieri. Ce sont les derniers survivants de ces forêts tropicales denses qui ont prospéré à Madagascar.

Allée des Baobabs

Baobabs et climats

Les baobabs ont su s’adapter aux différents climats de l’île. La côte orientale et nord offre un climat chaud et humide. La pluviométrie élevée explique la présence de forêts luxuriantes. Au contraire, le sud-ouest subit un climat aride avec une faible pluviométrie et des précipitations aussi irrégulières que brutales.

Les baobabs présentent un aspect massif et impressionnant. Leurs branches qui ressemblent à des racines donnent l’impression qu’ils ont été plantés à l’envers. Le tronc poli constitue une réserve d’eau qui permet à l’arbre de supporter des conditions climatiques sévères. Les feuilles n’apparaissent que pendant une courte période. Elles tombent pendant la saison sèche afin de limiter la perte en eau. La pollinisation est assurée par des papillons ou des chauves-souris tandis que la dissémination des graines est effectuée par les lémuriens et autres mammifères.

Un peu d’histoire…

Le nom scientifique des espèces de baobabs est précédé du préfixe Andansonia. Ce nom leur a été donné en hommage à Michel Adanson (7 avril 1727 – 3 août 1806). Il est la parfaite illustration de ces naturalistes comme Buffon qui se sont illustrés au Siècle des lumières.

Michel Adanson est remarqué par ses maîtres dès l’âge de 14 ans. Quelques années plus tard, il effectue un séjour de cinq ans au Sénégal. Il se livre à d’innombrables observations et rapporte d’importantes collections botaniques. En 1761, il publie sous forme de mémoire illustré la 1ère étude qui ait été réalisée sur les baobabs. À l’âge de trente ans, en 1757, il est élu à l’Académie des sciences. Malheureusement, Michel Adanson va se fourvoyer dans des tentatives de publications d’encyclopédies à compte d’auteur qui vont le ruiner. Il meurt dans la misère et le plus grand dénuement. Ces quelques lignes auront eu le mérite de rendre justice à ce savant, bien oublié, de nos jours.

Adansonia grandidieri

Andansonia grandieri ou baobab de grandiéri. Ce sont ceux que l’on rencontre dans l’allée du même nom. Il s’agit de la plus grande des espèces et ils peuvent atteindre 30 mètres de haut pour un diamètre de 7 mètres.

Andansonia suarezensis

…ou baobab de Diego Suarez . C’est une espèce de grande taille en voie également de disparition qui se trouve dans le nord de l’île.

Andansonia perrieri

ou baobab de pierri est une espèce menacée dont il existe encore des spécimens dans la région d’Antsirana, dans le nord de Madagascar.

Andansonia madagascariensis

ou baobab de Madagascar. Cette espèce n’est pas endémique à l’île, car il en existe quelques un à Mayotte. L’un des plus beaux spécimens est visible à Majunga. On les trouve dans les forêts sèches ou demi-sèches. Leurs tailles varient de 5 à 20 mètres.

Andansonia rubrostipa

ou baobab fony est une espèce de petites tailles, 4 à 5 mètres de hauteur. Il est typique des forêts sèches, car il est capable de stocker de l’eau dans son tronc.

Andosonia za

…ou baobab za est une espèce également en voie de disparition dont on découvre des spécimens dans le sud, l’ouest et le nord Ouest de l’Île.

Le baobab, sauveur des survivants de Mahalafy…

C’est dans le sud-ouest de Madagascar que se trouvent les zones les plus arides. Dans cette région ont découvre le vaste plateau calcaire Mahafaly. Il est bordé par deux cours d’eau, au nord le fleuve Onilahy et au sud, le fleuve Menarandra. Il n’offre ni eau de surface, ni lac, ni cours d’eau. Lors de la courte saison des pluies, les précipitations sont rares et brutales. La végétation dont les baobabs, s’est adaptée à sept mois de saison sèche et se présente sous forme de bush.

Les habitants de cette région qui ont donné leur nom à ce plateau, les Mahafaly, appartiennent à l’ethnie Antandroy. S’ils sont réputés pour leur art funéraire, ce sont de pauvres agropasteurs qui pratiquent l’élevage des zébus et des chèvres. Leur quête de nouveaux pâturages les contraint à une perpétuelle transhumance.

Dans le courant du XVIIe siècle, les Français ont tenté d’implanter un établissement dans le sud de Madagascar, à fort Dauphin. Cette expérience devait dramatiquement tourner court. Avant d’être contraints d’abandonner les lieux, les Français ont introduit dans la région la culture du figuier de barbarie, originaire du Mexique. Une fois les épines de la figue de barbarie ôtées, elle permet de nourrir et d’hydrater le bétail ce qui allait permettre le développement de l’élevage. À partir de 1920, et pendant une dizaine d’années, à une sécheresse particulièrement importante s’est ajoutée une invasion d’insectes parasites qui s’est principalement attaquée aux figuiers de barbarie. L’absence d’eau et de nourriture a entrainé une famine catastrophique qui a décimé la population Mahafaly et son bétail.

Ce sont leurs qualités d’observation qui vont sauver les survivants. Ils ont remarqué que l’eau qui stagne dans les cavités des troncs des baobabs ne croupie pas et reste longtemps consommable. La solution qui s’imposait et qui perdure était de creuser le tronc de ces baobabs afin de les transformer en citernes qui sont remplies d’eau lors de la saison des pluies. Ce sont plusieurs centaines d’arbres qui sont ainsi utilisées.

Cette pratique est unique au monde. Il n’existe pas d’explication scientifique qui justifie cette capacité que possède ce bois spongieux et de mauvaises qualités qui, au bout d’une attente de six mois après avoir été creusé, se transforme en une efficace citerne.

Malheureusement, ainsi que cela a été dit, les baobabs font partie des espèces en grand danger de disparition. Ce sont des colosses aux pieds d’argile qui sont victimes de la pression des activités humaines sur l’habitat forestier. Le défrichement fait disparaître les pollinisateurs et les disséminateurs ce qui interrompt le cycle de reproduction. La population vieillit et seuls les individus matures survivent. À plus ou moins court terme, on ne pourra que continuer à assister au déclin, déjà bien entamé, de l’espèce.

Gérard Naal

Proche de l’association depuis ses débuts, Gérard écrit pour le blog depuis sa mise en ligne. Il y a quelques années, Gérard Naal a réalisé combien l’histoire de Madagascar était méconnue tant des Français que des Malgaches, il a donc regroupé notes et comptes-rendus de nombreuses publications universitaires pour rédiger un livre disponible ici.

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Les Lémuriens à Madagascar

Les Lémuriens à Madagascar

Espèces endémiques

Détachée de l’Afrique, 80 à 90 % de la faune et de la flore de Madagascar sont endémiques. Cette originalité s’explique par un isolement qui remonte à plusieurs millions d’années de la Grande Ile dans l’océan indien. A cette particularité s’ajoute l’absence de certains prédateurs et le développement d’éco systèmes forestiers typiques ainsi qu’une gamme exceptionnelle de reliefs et de climats. C’est ce qui explique que pour la faune comme pour la flore, ce sont plus de 200 000 espèces qui ont été répertoriées. Cette liste est loin d’être close. En 10 ans, ce sont 615 espèces nouvelles qui ont été découvertes et les recherches sont loin d’être terminées.

Les lémuriens

Pour la faune, la plus emblématique des espèces endémiques est celle des lémuriens. En provenance d’Afrique, les lémuriens sont arrivés à Madagascar il y a 62 à 65 millions d’années. Ils ont traversé l’actuel canal du Mozambique sur des tapis ou radeaux de végétation. Ils ont évolué en faisant la preuve de leur capacité d’accoutumance et de diversification afin de s’adapter aux niches écologiques qui leur convenaient. Si au fil du temps certains ont acquis les caractéristiques que nous leur connaissons, d’autres ont disparu, comme l’archaeoindris fontoynonti qui atteignait la taille d’un gorille. Ce spécimen mesurait 1,5 m. pour un poids de 160 à 200 kg. L’apparition de l’homme devait accélérer la disparition de nombreuses espèces.

Nous n’allons pas nous lancer dans l’énumération des nombreuses espèces et sous-espèces de lémuriens qui peuplent la Grande Ile. Contentons-nous d’évoquer les plus connues.

Le Lémur Catta

Le plus emblématique de tous les lémuriens est le lémur catta ou Maki. C’est celui dont la photo illustre tous les articles consacrés à la Grande Ile. Avec sa queue annelée en noir et blanc il est devenu l’emblème de Madagascar. Il vit dans des groupes qui peuvent atteindre une vingtaine d’individus et qui comportent autant de mâles que de femelles, mais c’est une femelle qui domine le groupe. Le Maki se trouve principalement dans le sud de l’île dans les savanes arbustives. Son cri se rapproche du miaulement du chat. Queue comprise, il mesure de 95 à 110 centimètres et pèse de 2,3 à 3,5 kg. Il se nourrit de feuilles et de petits insectes. Les mâles s’affrontent à coup d’odeurs pestilentielles développées par des glandes situées sur leurs avant-bras et dans la région anale. La mortalité des jeunes est très élevée, près de 40°/°. La déforestation les rend très vulnérables vis-à-vis des chasseurs, de leurs prédateurs naturels et des animaux domestiques errants.

Des lémuriens au parc de l'Anja


L’Indri

C’est le Indri qui est le plus gros de tous les lémuriens. Il possède une toute petite queue et peut mesurer de 75 à 90 centimètres pour un poids de 8 à 12 kg. Son espérance de vie peut atteindre jusqu’à 40 ans. On le trouve dans les forêts pluviales de l’est de l’île en petit groupe de 2 à 10 individus. Il ne descend que très rarement à terre. Il se nourrit de 32 espèces différentes de feuilles dont il peut consommer jusqu’à 1,5 kg. par jour. C’est ce qui rend son élevage en captivité impossible.


Le Sifaka

Ce n’est pas le cas du propithèque couronné ou sifaka que l’on trouve dans les forêts sèches de l’ouest et du centre ouest de Madagascar. Le sifaka est le plus évolué des lémuriens. Par sa taille et son poids, de 3,7 à 4,3 kg. il se situe derrière les Indri. Il vit en petits groupes de 2 à 6 individus dominés par une femelle. Il se déplace par bonds sur deux pattes, d’arbre en arbre, les bras écartés afin de conserver l’équilibre. Si il se nourri de feuilles et de fruits, Il ne boit pas. Il s’hydrate en absorbant la rosée et l’humidité des feuilles qu’il consomme. Cette espèce qui est l’une des plus menacées à cause de la chasse a fait l’objet à partir de 1994, à l’initiative du parc zoologique de Paris, d’un programme d’élevage en captivité. La réussite de ce programme de reproduction a permis de sauver l’espèce.

Lémurien Sifaka


L’eulemur fulvus fulvus (ou lémur fauve)

Photo David Dennis
Parmi les lémuriens qui s’adaptent à la vie en captivité, citons l’eulemur fulvus fulvus qui est l’une des espèces les plus répandues à Madagascar. Il vit aussi bien dans les forêts humides de la côte est que dans la forêt sèche de l’ouest de l’île en groupe de 3 à 12 individus. Son pelage est court, mais dense et sa longue queue est légèrement touffue à son extrémité. Il mesure de 85 à 100 centimètres pour un poids de 2 à 3 kg. Ce lémurien s’adapte facilement au milieu dans lequel il vit. C’est ce qui explique son acclimatation en captivité.

Lémur Fauve - David Dennis

Photo David Dennis


Le varecia variegata variegata (Vari noir et blanc)

Le varecia variegata variegata est l’un des plus gros des lémuriens après l’indri indri et le propithèque couronné. Il vit dans les forêts humides de la côte est, du cap Masoala , jusqu’à la région Manakara. Ce lémurien diurne vit en groupe de six à huit individus menés par une femelle dominante. Son magnifique pelage est le plus long et le plus touffu de toutes les autres espèces. On peut le voir s’installer bras écartés et jambes tendues, afin de profiter des rayons du soleil.

lémurien indri indri


Le hapalemur griseus (Hapalémur gris)

Le hapalemur griseus est le plus petit des lémuriens diurnes. Il mesure 25/30 centimètres de long sans la queue pour un poids de 8 à 900 grammes. Il vit en groupe de 2 à 6 individus dans les forêts humides de la côte est, plus spécifiquement dans les forêts de bambous géants.


Lémur mongoz

La nuit, on rencontre l’élumur mongoz de petite taille. Il mesure 35 centimètres pour un poids d’environ 2 kg. Les mâles tout comme les femelles arborent un museau blanc caractéristique de l’espèce. Il vit en petit groupe des 3 à 5 individus qui déploient leur activité la nuit. En cela, il est imité par le  Microcébus à la fois le plus petit des lémuriens et des mammifères connus.  Il mesure 22 à 28 millimètres pour un poids de 45 à 90 grammes. Il passe ses nuits à rechercher sa nourriture, insectes et fruit. Le jour il se réfugie dans le creux des arbres.

Lemur Mongos

 

Les lémuriens comme l’ensemble de la faune et de la flore malgache sont en grand danger à plus ou moins court terme en raison de la disparition du milieu naturel et de la déforestation. Les causes en sont multiples. La forêt fait place au tzavy, la culture sur brûlis, le ramassage du bois pour la cuisine, le kitzy, les feux de brousse, doro taznety. À cela, il convient d’ajouter l’exploitation illicite des bois précieux, le trafic des espèces protégées et les exploitations minières sauvages.

Gérard Naal

Proche de l’association depuis ses débuts, Gérard écrit pour le blog depuis sa mise en ligne. Il y a quelques années, Gérard Naal a réalisé combien l’histoire de Madagascar était méconnue tant des Français que des Malgaches, il a donc regroupé notes et comptes-rendus de nombreuses publications universitaires pour rédiger un livre disponible ici.

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Les caméléons à Madagascar

Les caméléons à Madagascar

Comme nom scientifique le caméléon a une appellation de « Chamaeleonidae », une espèce issue de la famille des Sauriens, plus exactement un descendent d’un sous ordre de reptile. Un arboricole quadrupède, qui se nourrit exclusivement d’insectes.

La morphologie d’un caméléon varie selon son espèce, à Madagascar la taille en question va de 25 millimètres (les plus petits caméléons du monde !) à 50 centimètre (queue incluse) pour les plus grands.

La tête

A l’image d’un bienveillant Avatar, la tête du caméléon varie en fonction de sa taille mais surtout en fonction de son type. Les plus grands comme le genre Furcifer sont dotés d’une certaine bosse plate, qui forme une crête ou un casque sur leur tête. La majeure partie de ces créatures sont tous doté de ce casque, par contre les plus petits en sont dépourvus.

Les yeux de ces animaux sont exorbitants et peuvent effectuer des mouvements rotatifs (indépendants entre les deux yeux), ce qui leur permet de surveiller leurs ennemis les corbeaux, ou bien de repérer de petits délices : des criquets ou des moustiques bien croustillants. Dans ces cas-là ces yeux ballonnés permettent une meilleure précision de chasse. Malheureusement dépourvu de bâtonnet (les cellules de la rétine sensibles à la lumière) selon certain chercheur, il semble que les caméléons deviennent presque aveugles à la tombée de la nuit.

Caméléon à Madagascar

L’alimentation et la chasse

Rappelons le, cet animal se nourrit exclusivement d’insectes que ce soit mouches ou papillons, mais le plat préféré des caméléons de l’île sont les criquets et les sauterelles. Pour cela, le caméléon est dotée d’une langue assez longue, rangée dans un casier de sa bouche que l’on appelle l’os hyoïde. Doté d’une grande puissance musculaire, le caméléon peut propulser et rétracter sa langue à volonté : c’est un véritable harpon naturel, son petit outil de chasse. D’ailleurs, quand celle-ci est lancée, elle peut atteindre la vitesse de 20km/h ! La paroi de sa langue est remplie de mucus gluant lui servant de filet ou plus précisément une sorte de colle pour immobiliser sa proie. Ensuite la rétraction de sa langue la ramène dans sa bouche. Bon appétit !

La peau du Caméléon

Avec un aspect pigmenté, la peau du caméléon de Madagascar présente diverses couches dermiques qui lui permettent de changer de couleur en fonction de l’environnement ou bien en fonction d’une attitude qu’il désire communiquer. Des cellules spéciales appelées chromatophores dans les couches profondes de la peau lui permettent d’adopter les couleurs suivantes : rouge, jaune, blanc. Les caméléons disposent aussi de pigments jaunes et rouges appelé mélanine dans leurs cellules dermiques.

Dernièrement, des chercheurs Suisse de l’université de Genève, ont réalisé des expériences sur un caméléon Panthère mâle originaire de l’île. Ils affirment que les éléments qui régissent le changement de couleur chez les Chamaeleonidae sont les “nano-cristaux”. Des minuscules cristaux logés dans une couche superficielle de cellules de la peau que l’on appelle “iridophores”.

“Ces nano-cristaux, disposés en plusieurs couches, réagissent aux longueurs d’onde de la lumière en réfléchissant des teintes bleutées” affirment les chercheurs. Par contre, plusieurs reptiles possèdent ces cristaux, mais le seul qui est capable de disposer des siennes à volonté est le caméléon.

Réputé pour sa métamorphose colorée, la croyance commune que le caméléon change de couleur pour se camoufler est apparemment incomplète. Pour les caméléons de Madagascar : le changement de couleurs serait aussi un mode de communication entre eux. C’est un autre moyen pour ces individus d’exprimer leur humeur ou des attitudes telles que le désir de s’accoupler.

Les chercheurs ont répertoriés jusqu’à présent 200 types de caméléon à travers le monde. 150 types sont enregistrés ici dans la grande île, à Madagascar, dont 59 espèces qui en sont endémiques.

Catégorisation des caméléons endémiques de Madagascar

Ne vivant que sur l’île les caméléons de Madagascar se répartissent en trois genres. A savoir : Furcifer, Brookesia et Calumma qui comptent 84 sous-espèces qui peuplent différents habitats et régions de la Grande Île.

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Les caméléons Brookesia

Ce genre de caméléon regroupe les espèces de petite voire de très petites taille. L’espèce Brookesia Micro par exemple, un minuscule caméléon qui mesure 25 millimètres de long fait partie de ce genre. Il est considéré comme étant le plus petit reptile de la planète. Contrairement aux autres espèces, les caméléons Brookesia sont dépourvus d’une queue agrippante. Ce sont majoritairement des caméléons terrestres, dont leur queue ne sert pas beaucoup, à la différence des Furcifers arboricoles.

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Les caméléons Furcifer

Mesurant 50 cm (queue comprise), ce genre de caméléon regroupe les espèces des plus grande taille de Madagascar. Vivant en majorités dans les arbres ou dans les clairières, le genre Furciferién a un régime alimentaire composé d’insectes et de petits reptiles. C’est sous cette espèce que l’on trouve les plus beaux des spécimens, à savoir : le caméléon d’Oustalet ou Furcifer oustaleti, le caméléon panthère ou Furcifer pardalis et l’espèce Furcifer minor.

Ce genre de caméléons regroupe actuellement une vingtaine d’espèces.

Les caméléons Calumma

Localisés surtout dans les forêts humides et les régions montagneuses de Madagascar les espèces mâles du genre Calumma sont plus grands que les femelles. Avec une taille qui va à l’alentour de 10 cm, ces caméléons sont connus pour leur appendice nasal, auquel les locaux donnent le nom de corne.

Mythologie et contact avec l’au-delà

Dans la majeure partie des ethnies d’Afrique et des îles du caraïbes, divers mythes sont liés à la présence des caméléons, considérés comme étant une sorte de messager entre l’homme et les divinités. Jadis les caméléons étaient les porteurs d’un certain message que les êtres suprêmes envoyaient.

Comme dans le mythe des origines de la mort : le caméléon avait pour mission de livrer le message divin aux hommes qu’ils devaient mourir puis renaitre à la suite, et que la mort n’est que temporaire. Ainsi le caméléon est considéré dans divers mythes comme symbole de la vie éternelle. Cependant, victime de leur démarche un peu lente, des animaux plus rapides comme le lièvre, les oiseaux, ou le lézard furent chargés de livrer l’opposé des messages des divinités aux hommes. Mais ces animaux, plus rapides, arrivaient en premier ! Selon leurs paroles, les divinités affirmaient que la mort est permanente, que la résurrection n’existait pas pour les hommes.

Le caméléon arrivait plus tardivement, et affirmait que “les gens mourraient, mais renaîtraient par la suite”. Mais les gens ne le croyait plus, et n’acceptait pas son message disant que la mort est temporaire. C’est ainsi que l’Homme est devenu mortel.

Ce mythe est assez répandu sur le continent Africain, et existe aussi dans la culture Malagasy, surtout au sein de l’ethnie Betsimisaraka. Considéré comme étant un intermédiaire entre l’homme et la nature ou même l’Homme et les être suprêmes, cette espèce diffuse une certaine “crainte” ou “superstition” sur les Malagasy.

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