Les pousse-pousse à Madagascar

Les pousse-pousse à Madagascar

Un cliché

Tout comme le lémurien ou l’allée des baobabs, le pousse-pousse (ou posiposy) est l’un des clichés malgaches le plus répandus. Que ce soit à Antsirabe, Majunga ou autres localités, le ballet familier de ces véhicules à deux roues, tirés par un homme, fait partie du paysages des rues.

Les habitants ont l’habitude de prendre le pousse-pousse pour aller au marché, à l’école, à l’église…

Un métier difficile

Tirer un pousse-pousse est un métier qui nécessite beaucoup de force et d’énergie. Si le tireur ne possède pas son propre pousse-pousse, il devra en louer un et devra donc travailler plus pour payer le loueur avant d’empocher les gains personnels. Les tireurs de pousse-pousse sont dans des situations précaires. Les pousse-pousse se partage le marché avec les cyclo-pousse (ici, les tireurs sont à vélo).

Le pousse-pousse et son histoire

Ce véhicule qui a supplanté le palanquin au Japon, s’est exporté dans toute l’Asie et les colonies européennes. Il est arrivé à Madagascar au début du 20ème siècle avec les coolies chinois qui avaient été recrutés pour la construction des lignes de chemin de fer. Ce moyen de transport a été vite adopté par les colons. Il est devenu, associé à la colonisation, l’un des symboles de l’exploitation des autochtones. L’indépendance de Madagascar n’a pas mis fin, bien au contraire, à l’utilisation des pousse-pousse. Il est devenu le moyen de transport urbain le plus répandu avec une ahurissante capacité d’emport qui peut atteindre la tonne pour un cout de trois à cinq fois inférieur à celui d’une camionnette.

À l’origine, les tireurs de pousse-pousse étaient des paysans partis à la ville pendant la morte-saison des travaux des champs. Aujourd’hui encore, d’octobre à mars, certains paysans se font tireurs de pousse-pousse afin de pouvoir acheter semences et autres engrais.

Antsirabe et ses pousse-pousse

Rendons-nous à Antsirabe afin de mieux approcher le sort des tireurs de pousse-pousse. En raison de la discrétion qui entoure de nombreux aspects de cette activité, disons que si les chiffres qui vont suivre ne sont que des approximations, ils ne doivent pas être très éloignés de la réalité. Ce ne sont que 2% des tireurs qui sont propriétaires de leur pousse-pousse, sachant que neuf, l’engin coute 100 euros et moitié prix d’occasion. La majorité des pousse-pousse appartiendrait à une cinquantaine de propriétaires dont certains en posséderaient jusqu’à 200. Un pousse-pousse se loue pour 2 euros à la journée ; ce n’est donc qu’à partir, au minimum de la troisième course dont le prix varie de 0,30 à 0,80 euro que l’engin commence à rapporter ; d’où les rivalités effrénées que cela entraine entre les 1700 tireurs officiels et les autres pour mettre le grappin sur le client.

Les pousse-pousse, une importante filière économique

Sur chaque pousse-pousse figure un numéro d’inscription au registre de la mairie. Le tireur est censé être âgé d’au moins dix-huit ans, posséder un « permis de tirer » et faire l’objet d’une visite médicale une fois par an tandis que le pousse-pousse doit satisfaire à un contrôle technique. Les services de la mairie sont des plus discrets au sujet du montant du « permis de tirer » que chaque tireur doit acquitter. Depuis 1999, la municipalité s’efforce de limiter le nombre de tireurs de pousse-pousse en refusant toute nouvelle immatriculation, ce qui n’empêche pas les clandestins de tenter leur chance. Cette activité génère une importante filière économique qui part du tireur, du constructeur de pousse-pousse, des propriétaires d’engins, des usagers et de l’administration.

Quelle peut-être l’attitude, vis-à-vis des tireurs de pousse-pousse, pour celui qui veut pratiquer un tourisme responsable ? En effet à première vue, il peut être déstabilisant de payer un homme à pied, pour nous transporter. Bien souvent le tireur de pousse-pousse est en charge d’une famille. Il est contraint de travailler tous les jours pour un maigre revenu. Il ne possède pas d’assurance maladie ou de couverture sociale ; pas de travail, pas d’argent. Refuser d’utiliser le pousse par principe revient à lui refuser un revenus… Mais souvenons-nous que toute peine mérite salaire. Alors, que celui qui s’assure les services d’un tireur de pousse-pousse le rétribue équitablement. Les prix annoncés par les tireurs aux étrangers sont souvent doublés par rapport à ceux annoncés à la population locale. Ne vous en étonnez pas et ne vous vous en offusquez pas. A vous de voir si vous voulez négocier, dans la limite du raisonnable, et toujours avec respect et courtoisie.

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Le Famadihana

Le Famadihana

Pratiqué par la population des hauts plateaux malgaches de juillet à novembre, le Famadihana (ou Retournement des morts) est un rite ancestral qui a pour objectif d’honorer tout d’abord l’ancêtre.  Pendant plusieurs jours au terme desquels le corps retourne au tombeau, les proches ou moins proches du mort boivent, mangent, dansent, et font la fête pour lui rendre hommage. 

Le Famadihana ?

Le Famadihana est avant tout une très grande cérémonie où familles, voisins et connaissances (étrangers inclus) sont tous invités puisque pour les malgaches, les ancêtres gardent une place importante dans leur vie. Bien que boudé par les chrétiens, les habitants des campagnes des hauts plateaux demeurent de fervents pratiquants du Famadihana. Le retournement des morts est, comme son nom l’indique, un rituel dont le but est de recouvrir le reste des corps des ancêtres dans un nouveau linceul. Cela afin d’obtenir leur bonne grâce ainsi que la protection des “Razambe” ou des ancêtres contre le mauvais œil et pour la prospérité de la famille. Pratiqué depuis la nuit des temps par la population, le Famadihana cède peu à peu le terrain. Néanmoins, Il reste encore très prisé dans les villages en retrait de la ville.

Le déroulement

Le début du Famadihana dans une famille débute souvent par un rêve fait par un membre de la famille. Ce rêve se traduit souvent par un “Ecoutez tous ! J’ai rêvé de grand père la nuit dernière, il m’a demandé de vous apporter un message qui dit qu’il faut le recouvrir car c’est l’hiver et il commence à avoir froid.” De ces simples mot viennent par la suite toute une série de consultation auprès des sages ou des “mpanandro”, communément appelé astrologues, pour retenir la date et l’heure précise à laquelle doit se tenir l’événement. Ce n’est que suite aux propos du “mpanandro” que les différentes étapes du Famadihana se mettent en place à travers le lancement des invitations, le recrutement des musiciens et la préparation du festin qui se compose de riz blanc et de viande de zébu ou de porc bien gras.

Le Famadihana en lui-même commence par l’ouverture du tombeau et la récupération des ossements des ancêtres. Cela se fait avec de nombreux rituels dont seuls les sages et les anciens connaissent le secret. Une fois les corps sortis, les « ancêtres » sont portés par les “zana-drazana”, les “enfants des ancêtres” en traduction libre, tout en chantant et en dansant sur les rythmes des « Mpitsoka mozika » ou l’orchestre folklorique. Ce dernier exécute le “vako-drazana” qui est à la fois un concert de danse et de chants, dont les paroles proposent des conseils et des lignes de conduites morales aux spectateurs.

Famadihina

Vient ensuite le “Famonosana” où on enveloppe les ancêtres dans de nouveaux linceuls. Il est important de noter que durant tout le temps où les corps des anciens sont en dehors des tombeaux, la musique ne s’arrête jamais et la danse des “Zana-drazana” également alors que la cérémonie peut durer des jours entiers. Pour ce qui est de la nourriture, les organisateurs du Famadihana servent le « vary be menaka », un repas à base de riz et de viande bien gras, à tous les invités.

Famadihina

Le Famadihana, un rituel en voie de disparition

Il est vrai que la pratique de ce rituel est en régression depuis une trentaine d’année déjà. La régression du Famadihana s’explique dans un premier temps par un problème économique puisque la cérémonie est très coûteuse et les différentes crises qui subsistent depuis des décennies dans le pays provoquent une récession des moyens financiers au niveau de la population. Par la suite est venue le christianisme, qui est l’une des clés de voûte du recul du Famadihana vers les zones rurales uniquement.

En effet, comme la plupart des riverains se sont convertis à la religion chrétienne, le rituel ancestral est placé au rebus puisque d’après la Bible, invoquer les ancêtres est un péché. C’est donc pour cela que la plupart des malgaches ont abandonné le retournement des morts.
Cependant, force est de constater que cette interdiction du Famadihana en a fait naître une nouvelle forme puisque nombreux sont ceux qui le pratiquent encore mais d’une façon plus détournée. Cette pratique qu’est le Famonosana montre que malgré le fait que le Famadihana en lui-même demeure un tabou pour les chrétiens, les malgaches continuent d’honorer leurs ancêtres et de garder le lien avec les leurs, qu’ils soient morts ou vivants. Le renouvellement du linceul est un moyen détourné de dire aux “Razambe” qu’on ne les a pas oubliés et qu’ils demeurent partie intégrante de la famille. Sans recourir aux grandes cérémonies qui font l’essence du rituel, la plupart des malgaches usent du « Famonosana » qui consiste simplement à recouvrir un parent lors d’un enterrement dans le même tombeau.

Famadihina

Des débats

Le Famadihana est une des spécificités des hautes terres malgaches. La pratique n’a pas beaucoup changé depuis sa mise en place, il y a des siècles de cela. Situé à mi-chemin entre la vénération des ancêtres et la volonté d’être respectueux envers les siens, la pratique ou non du Famadihana suscite encore de nombreuses discussions dans la société malgache.

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L’épopée du saphir

L’épopée du saphir

Madagascar possède une richesse gemmologique hors du commun. À des degrés divers, se trouvent dans la Grande Ile, la quasi-totalité des pierres précieuses qui font rêver : diamants, émeraudes, rubis et, surtout, saphir.

L’histoire du saphir à Madagascar

Extraction

Le saphir est une gemme de corindon qui offre de multiples couleurs, à l’exception du rouge qui désigne le rubis. Le saphir est surtout présent dans les zones tropicales humides, Sri Lanka, Birmanie, Inde, Thaïlande et Brésil.

Le plus emblématique des sites d’extraction du saphir est celui d’Ilakaka qui se trouve à 735 km.au sud de Tananarive, à la lisière du parc national de l’Isato. En 1946, ce sont des géologues français qui ont procédé aux premières recherches. L’instabilité politique et la sanglante révolte qui allait éclater un an plus tard ont mis fin à cette prospection. Au-delà de ces raisons, il faut ajouter une importante technique développée depuis. Grâce à un traitement thermique des plus difficile à détecter, une pierre à l’apparence trouble devient pure et présente une couleur intense. Cette nouvelle apparence permet de prétendre qu’il s’agit d’un saphir non traité, censé provenir du Sri Lanka où se trouvent, au naturel, les plus belles pierres de ce type. Le prix de la pierre ainsi traité devient sans commune mesure par rapport à son prix initial.

La prospection

C’est à partir de 1998 que le gisement de saphir de l’Ilakaka a été redécouvert grâce à la trouvaille fortuite d’un saphir, par un paysan de l’ethnie Bara. Les experts considèrent ce gisement comme le plus important au monde avec une espérance d’exploitation d’au moins quarante ans. En quelques jours, la petite bourgade va connaître une ruée digne de celle de l’or en Amérique, à la fin du XIX° siècle. Elle compte rapidement plus de 30 000 prospecteurs. Se met en place une artère principale bordée par des échoppes de commerçants, des débits de boissons et autres maisons closes. La violence, l’alcool, la drogue, la prostitution s’installent. Les règlements de compte et les conflits d’intérêts entre la minorité de ceux qui fouillent légalement et les clandestins qui sont la majorité sont courants. L’état essaie de réagir en imposant la présence de policiers armés retranchés derrière des barbelés à chaque extrémité de la ville. Ils sont censés faire respecter un couvre-feu à partir de vingt et une heures.

Les mineurs

Derrière ces alignements de baraquements, se cache la misère d’une population qui a tout abandonné pour répondre au mirage des chimères dans l’espoir de trouver “la” pierre qui assurera son avenir. Tous les jours ces mineurs tentent leur chance en creusant des puits et galeries mal ou pas étayée. En effet, bien souvent, ils doivent choisir entre l’achat de bois d’étayage ou une ration de riz. Le choix s’impose et les éboulements font de nombreuses victimes. 95% des prospecteurs ne découvrent rien. Sur les 5% restant, 3% ne ramènent que des pierres sans grand intérêt et les derniers 2% de pierres de valeur. Le marché est contrôlé par les Sri-lankais et les Thaïlandais. Ces acheteurs qui réalisent des bénéfices de plus de 100% s’entendent entre eux pour proposer les prix les plus bas aux mineurs qui bien souvent se sont endettés auprès d’eux et auxquels ils ne laissent pas d’autre choix.

19 000 d’enfants travailleraient dans la région d’Ilakaka, la plupart dans les mines de saphir. A Madagascar, il n’est en théorie permis de travailler qu’à compter de l’âge de 15 ans, mais peu s’y tiennent :

Les sites d’extraction

Cet afflux de population entraine une cohabitation dans des conditions catastrophiques avec les ordures et les déjections humaines abandonnées à l’air libre. Il faut ajouter la pollution des eaux causée par le tamisage de la terre extraite du sol pour que toutes conditions d’une catastrophe écologique soient réunies. De plus, il semblerait que le filon de saphir s’étende sous le parc national de l’Isato. On ne peut que craindre pour son avenir.

Cette description du site d’Ilakaka peut s’appliquer à bien d’autres dont le nombre augmente plus ou moins régulièrement en fonction des découvertes. Au sud de Madagascar, à 25 km de Sakaraha se trouve le gisement d’Ankiliabo. Les mineurs clandestins s’enfoncent sous terre dans d’étroits et profonds puits. La terre extraite est remontée en surface au moyen de seaux dont s’emparent femmes et enfants pour la tamiser dans les eaux du fleuve Fiherenana. La teneur de ce filon serait de 1,5g de saphir par mètre cube de terre.

© AFP GIANLUIGI GUERCIA

Beauté du saphir

Pourraient également être cités, Maromiandry, Vohimena, Sakalama, Andilamena, etc… Un site, cependant, mérite, une mention particulière. Il se trouve à 80 km de Nosy Bé, à proximité d’une agglomération du nom d’ Ambodromifehy. Exploité depuis 1996, on y découvre le plus rare des saphirs, le saphir rubané à l’apparence étoilée. Depuis l’antiquité, cette pierre est réputée pour son pouvoir censé favoriser la vie spirituelle. Les hindous comparent cette pierre au 3e œil. Une pierre sur 10 000 offre cette particularité et la production malgache est réputée être la plus belle au monde.

La législation prévoit que tout mineur déclaré est censé tenir un registre d’extraction et que chaque pierre doit être accompagnée de son certificat d’origine. Bien peu respectent cette réglementation. Les mineurs sont ceux qui courent le plus de risques et ce sont ceux qui gagnent le moins. La plus grande partie du commerce des pierres précieuses est aux mains de réseaux illicites ce qui entraine une importante perte de revenus pour l’état malgache. Depuis quelque temps, la prospection du saphir commence à être un peu délaissée par rapport à celle de l’or. La revente du métal jaune est moins aléatoire que celle du saphir dont le prix varie en fonction de nombreux facteurs : rareté, taille, couleur et défaut.

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Le peuplement de Madagascar

Les ethnies magaches

Madagascar compte 20 millions d’habitants qui sont répartis en dix-huit principales ethnies qui se partagent le territoire de l’île. Leur classement tel que nous le connaissons remonte à la colonisation française. Depuis vingt siècles, Madagascar a été façonnée par des peuples venus d’horizons divers, Indonésie, Afrique, Proche-Orient et plus tardivement d’Europe.

Brassages ethniques

Des brassages séculaires, des migrations intérieures et des conflits ont fini, au fil des siècles par constituer dix-huit groupes ethniques. Ces mouvements de population expliquent les diversités religieuses, animistes, chrétiennes, islamiques, hindouistes, physiques, linguistiques et culturelles de ces groupes. Malgré tout, ils partagent de nombreux points communs. C’est ainsi qu’ils se retrouvent dans le culte des ancêtres, les traditions d’accueil et d’entre aide qui font des Malgaches un peuple particulièrement attachant.

Les répartitions sur le territoire

Avant de voir plus avant le détail de ces dix-huit ethnies, disons géographiquement et grossièrement qu’elles sont réparties sur la région des plateaux et les zones côtières. Sur les plateaux, la majorité des populations est formée à 25° par les Mérina et à 12° par les Betsilo. Dans les régions côtières, les populations sont métissées de Malais, d’Indonésiens, d’Africains et d’Arabes. Parmi ces groupes se trouvent les Betsimisaraka pour 19° de la population, les Sakalava pour 6° de la population auxquels s’ajoutent les Antandroy, les Mahafaly et les Vezo.

1 – MERINA : « ceux des hauteurs », qui vivent au centre de l’île.et qui formèrent un puissant royaume du XVII° siècle à la colonisation.
2 – BETSILEO : « ceux qui sont invincibles », troisième ethnie par son importance numérique ils sont installés dans le sud des hautes terres malgaches, excellents riziculteurs, ils cultivent également le thé et la vigne. Ils maitrisent un important art funéraire.
3 – BETSIMISARAKA : « ceux qui ne se séparent pas », l’ethnie la plus importante qui vit le long de la côte est et cultive café, girofle et canne à sucre.
4 – SAKALAVA : « ceux des longues vallées », ils occupent un vaste territoire qui comprend la majeure partie du littoral oriental. Ils cultivent le café, le girofle et la canne à sucre et pratiquent également la pêche. Ce n’est pas un peuple homogène, mais un ensemble d’ethnies qui ont fait partie d’un ancien royaume disparu vers la fin du XVII° siècle..
5 – ANTAISAKA : « ceux du pays des Sakalava », peuple côtier qui vit au sud-est de l’île.
6 – ANTANDROY : « ceux des épices » qui vivent à l’extrême sud de l’île, peuple de pasteurs itinérants.
7 – MAHAFALY  : « ceux qui font les tabous », ils vivent sur le grand plateau calcaire qui borde la côte sud ouest, longtemps guerriers redoutés, c’est un peuple de pasteurs qui pratique un art funéraire très particulier ?

Tsimihety wikipedia
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8 – VEZO : «  nomades de la mer », ce sont des pêcheurs originaires de l’Afrique de l’Est qui sont installés au sud de l’île. C’est la dernière ethnie malgache nomade.
9 – BARA : d’origine bantoue, pasteurs semi-nomades qui élèvent des zébus, ils vivent sur les plateaux situés au sud de Madagascar.
10 – ANTAKARANA : « ceux de l’Ankara, la falaise », installés au nord de l’île, ce sont des pêcheurs et des éleveurs.
11 – ANTEMORO : « ceux du littoral », d’origine arabe, en grande partie des cultivateurs installés dans le sud est de l’île. Ce sont des fabricants de papier de grande qualité et leurs devins sont réputés.
12 – ANTAIFASY : « ceux qui vivent dans les sables », ils sont installés sur la côte sud est.
13 – MASIKORO : agriculteurs du sud de l’île.
14 – ANTAMBAHOAKA : ethnie d’origine arabe, aux traditions islamiques qui vit dans le sud-est de l’île.
15 – TSIMIHETY : « ceux qui ne se coupent pas les cheveux », ce sont des éleveurs et des riziculteurs qui vivent dans le nord-ouest de l’île.
16 – TANALA : « ceux qui vivent dans la forêt », ils possèdent de grandes connaissances des plantes médicinales et sont installés sur les falaises de la côte Est ainsi que dans les forêts. Même s’ils s’installent ailleurs ils restent attachés à la terre de leurs ancêtres où ils tiennent à être enterrés.
17 – BEZANOZANO : « ceux aux nombreuses petites tresses », ce sont des forestiers installés sur la côte est.
18 – SIHINAKA : « ceux qui errent dans les marais », ils ont longtemps pratiqué une politique de razzia au détriment de leurs voisins. Ce sont des agriculteurs et des riziculteurs de la région du lac Alaotra.

À ces dix huit ethnies, il convient d’ajouter ceux qui constituent huit pour cent de la population, à savoir des Comoriens, des Indiens, appelés Karana, des Chinois, des Mauriciens, des Syriens et des Français.

Madagascar de la colonisation à l’indépendance

Madagascar de la colonisation à l’indépendance

Colonisation de Madagascar

La colonisation de Madagascar appartient à ce grand mouvement de visées colonisatrices qui anime les puissances européennes à la fin du XIX° siècle. Sous l’impulsion du Président du Conseil, Jules Ferry, la France se lance dans une ambitieuse politique colonisatrice en Afrique comme en Asie. Dans un discours prononcé le 28 juillet 1885, Jules Ferry justifie cette politique en proclamant : “… les races supérieures … ont le devoir de civiliser les races inférieures “.

Découvrir :  Madagascar, une île très convoitée (des premiers hommes au XIXème siècle)

DEBARQUEMENT DES TROUPES FRANCAISES

Le 23 avril 1895, les troupes françaises débarquent à Majunga. Après une progression dramatique, une colonne s’empare de Tananarive six mois plus tard. Et le 1° octobre de cette même année, est signé un traité de protectorat. La pacification de la Grande Ile est loin d’être terminée. Ce sera l’œuvre du général Galliéni et le 6 août 1896, après que la reine Ranavalona III ait été déposée, Madagascar devient une colonie française. Ce seront dix-neuf gouverneurs qui succéderont au général Galliéni avec des fortunes diverses.

La pacification est loin d’être définitivement acquise. C’est ainsi qu’en 1904, une révolte embrase le sud de l’île. Tout au long de sa présence, le colonisateur va user de toutes les possibilités juridiques qui s’offrent à lui pour imposer sa domination. Depuis 1887, le code de l’indigénat est appliqué dans toutes les colonies. Il distingue deux catégories de citoyens, les citoyens français et les sujets, au sens de l’ancien régime. Ce code est imposé à Madagascar en 1901. Cette justice administrative qui ne s’applique qu’aux “indigènes” permet de punir sans procès contradictoire. Elle s’applique dans tous les domaines de la vie courante et permet de juguler toute résistance à l’ordre colonial. Le code de l’indigénat perdurera jusqu’en 1946.

Découvrir :  Évangélisation et colonialisme à Madagascar

CORVÉE

Alors que la Révolution française avait mis fin à la corvée, elle est rétablie à Madagascar sous l’appellation de prestations. Tout Malagasy âgé de seize à soixante ans doit trente jours de prestations à l’administration coloniale. Cette corvée ne sera également abolie qu’en 1946. Ce n’est qu’à partir de cette date que les Malagasy pourront circuler librement, de jour comme de nuit, résider où bon leur semble et ne plus se voir imposer un emploi. En attendant, en 1928, est mis en place le Service de la Main d’œuvre des Travaux publics d’intérêt général (SMOTIG). Ce système permet de recruter une main-d’œuvre corvéable au travers d’un régime de travail obligatoire. A tout ce ci s’ajoutent la domination économique de la métropole ainsi que les excès de la fiscalité et ses dérives. C’est ainsi que de 1903 à 1905, ce sont 16 000 contribuables défaillants qui sont emprisonnés pour des durées variables et condamnés à des travaux d’utilité publique.

corvée madagascar

NATURALISATIONS

Si depuis 1909, les Malagasy peuvent solliciter l’obtention de la nationalité française, les conditions à remplir sont si drastiques que peu de citoyens français seraient aptes à l’obtenir. C’est ainsi que de 1909 à 1922, ce ne sont que 90 naturalisations qui seront accordées bien que plus de 30 000 tirailleurs Malagasy aient honorablement combattu en métropole lors de la première guerre mondiale. Petit à petit, le nombre de naturalisations va augmenter tout en restant peu important. Pour l’année 1931 ce ne sont que 93 naturalisations qui sont octroyées et 38 en 1935. Les bénéficiaires sont en majorité des fonctionnaires ou des médecins.

GUERRE MONDIALE

Lors de la seconde guerre mondiale, le régime de Vichy s’impose à Madagascar. Il met fin brutalement à toutes les aspirations des Malagasy. Ce régime est balayé en 1942 à la suite d’un débarquement britannique avant que l’île soit rétrocédée à la France Libre. Afin d’assurer la reprise en main, la nouvelle administration double les prestations et les peines prévues par le code de l’indigénat.
Si la pacification semble acquise, elle n’a jamais fait disparaître le sentiment nationaliste. Il s’est réfugié dans divers mouvements ou société secrètes comme Vy–fer-Vato-pierre-Sakelika dont les membres sont interpellés, jugés et condamnés en 1915. Leur but était de s’émanciper de la tutelle européenne. A partir de 1936, l’idée d’indépendance gagne du terrain mais la deuxième guerre mondiale va mettre fin à toute possibilité d’évolution.

Au cours de cette guerre, à l’exception de l’Indochine, les colonies vont jouer un rôle essentiel en se ralliant à la France Libre. En 1944, le Comité Français de Libération Nationale organise la conférence de Brazzaville afin de déterminer ce que sera le rôle et l’avenir de l’empire colonial. Sont prévus l’abolition du code de l’indigénat et une politique d’assimilation en faveur des colonies.

MARCHE VERS L’INDEPENDANCE

A Madagascar, ces espoirs sont déçus.ce qui entraine le durcissement de divers mouvements politiques locaux. Des troubles ponctués de grèves et de manifestations ont lieu. A la fin du mois de Mars 1947 éclate une insurrection armée. Malgré une brutale répression, elle s’étend. Les exécutions n’empêchent pas les campagnes de se soulever. Comme dans toute insurrection les excès sont le fait des deux bords. En décembre 1948, cette insurrection est matée. Elle va laisser de profondes traces dans la population Malagasy.
Les temps changent, les opinions évoluent aussi bien sur le plan international que français. En 1956 est instaurée l’Union Française qui doit permettra aux colonies africaines et à Madagascar de progresser dans la voie du self government La marche vers l’indépendance est inéluctable. En 1958, est élue à Madagascar une Assemblée constituante. Le 29 Avril 1959, elle propose une constitution qui s’inspire des institutions de la V° République. L’indépendance est proclamée le 22 Juin 1960.

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L’orpaillage à Madagascar

L’orpaillage à Madagascar

Dès le XVII° siècle, les voyageurs et les traitants, nom que l’on donnait aux trafiquants, qui parcouraient Madagascar ont rapporté la présence de filons aurifères peu ou pas exploités. Parmi les nombreuses dispositions judiciaires édictées, en 1881, sous le règne de la reine Ranavalona II figurait l’interdiction de l’exploitation minière et de la prospection aurifère, sous peine de très dures sanctions.

Origines et période contemporaine

Léon SuberbieLéon Suberbie

Le 2 décembre 1886, un aventurier français du nom de Léon Suberbie a obtenu de l’inamovible 1° ministre Rainiliaiarivony une concession située à proximité de la ville de Maevatanana. L’accord signé entre les deux partis stipulait que si 10°/° des bénéfices revenaient au gouvernement malgache, les 90°/° restant étaient partagés à parts égales entre le 1° ministre et le concessionnaire. Tout au long des années confuses, de 1883 à 1887, Léon Suberbie était tout aussi bien espion qu’agent diplomatique au service de la France. Sur site, l’intéressé a créé une agglomération à laquelle il a donné son nom : Suberbieville. Lors de la campagne de 1895, Suberbieville sera le principal point de concentration du corps expéditionnaire français, avant la prise de Tananarive. On estime, mais sans certitude qu’entre 1888 et 1894, cette concession aurait produit plus d’une tonne d’or.

Suberbieville

En 1895, Léon Suberbie a conçu « la compagnie coloniale et des mines de Suberbieville et de la côte ouest de Madagascar ». En faisant croire aux souscripteurs que Madagascar était un nouveau Transvall, il recueillait plus de 5 millions de francs or. En 1898, le capital de la société était porté à 16 millions de francs or. Tout ceci devait se terminer en escroquerie et les petits porteurs qui bien souvent seront ceux qui avaient souscrit aux emprunts russes furent dépouillés pour le bénéfice des banquiers, organisateurs de ces opérations.

Une fois avérées, ces malversations ne pouvaient que calmer la fièvre de l’or. En 1920, à l’instigation du colonisateur, il a été procédé à un important inventaire des ressources minières de la Grande Ile. Aucune exploitation sérieuse ne fut entreprise à l’exception de celle du mica et du graphite.

Période contemporaine

Après l’indépendance, la fièvre de l’or a repris de plus belle. Trop de sites font l’objet d’exploitations sauvages pour qu’ils soient cités. Contentons-nous que de ne parler que des principaux. Les autorités estiment à, au moins, 50 000 le nombre d’orpailleurs clandestins qui s’activent dans toute l’île.

L’un des principaux sites d’orpaillage a longtemps été celui qui se trouve à Ibity qui est situé à une trentaine de kilomètres au sud d’Antsirabé. Au début, ce n’était qu’un cours d’eau qui irrigue les zones agricoles. Les nombreux trous creusés par les chercheurs ont provoqué l’érosion et l’ensablement des terres arables et des rizières, ce qui a provoqué une catastrophe écologique. Comme dans bien d’autres sites, la promiscuité de milliers d’orpailleurs a entrainé la prolifération des ordures ménagères et des matières fécales ce qui provoque de nombreuses maladies diarrhéiques et autres.

Betsiaka

L’afflux d’argent généré par le trafic de l’or amène la prostitution, la violence, l’insécurité et l’accroissement du coût de la vie. Comme beaucoup d’orpailleurs investissent leurs gains dans l’achat de bovidés, cela conduit à des attaques et vols. L’activité du site d’Ibity est en très nette diminution depuis l’ouverture de nouvelles carrières aurifères.

En raison de son importance, il faut mentionner le site de Betsiaka qui se trouve à 30 kilomètres de la ville d’Ambilobe. Il est exploité depuis 1970. Et son or qui est quasiment pur titre de 22 à 24 carats. Pour le trouver, au péril de leurs vies,les orpailleurs s’enfoncent sous terre sans aucune sécurité dans des puits qui peuvent atteindre 60 mètres de profondeur. Au burin et à la barre à mine, ils extraient la terre chargée du précieux minerai. Une fois remontée, c’est le passage à la bâtée qui permet de recueillir le précieux métal. Les rendements font l’objet d’une véritable orméta de la part des 10 à 12 000 chercheurs clandestins présents sur le site. Selon les uns le rendement serait faible tandis qu’il se murmure que certains recueilleraient 5 à 10 kg. d’or par semaine.

orpailleurs

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La vie sur le site

La vie s’organise sur le site avec tous les excès que l’on imagine. Les boutiques et autres épiceries pullulent. Elles sont tenues par les épouses et les filles des orpailleurs. Cette activité secondaire tendrait à prouver que tous, loin de là, ne font pas fortune. Comme dans toutes les activités de ce genre, ce sont les collecteurs qui dictent leurs lois et qui s’enrichissent.

Régulièrement, la découverte de nouveaux sites, comme celui d’Ankazotovo qui se trouve au nord-ouest de la province d’Antananarivo déclenche de nouvelles ruées. En quelques jours, ce sont 4000 à 10000 exploitants illicites qui se sont précipités sur les lieux.

Les revenus de ces exploitations échappent totalement aux autorités malgaches. C’est ainsi qu’en 2003, ce ne sont que 10 kg. d’or qui ont été officiellement déclarés. Bien qu’il soit difficile d’avancer des chiffres, ont estime que ce trafic s’élève annuellement à plus de 2 tonnes, principalement à destination de l’Asie.

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