Le 26 juin, date du souvenir (du XIXème siècle à 1960)

Le 26 juin, date du souvenir (du XIXème siècle à 1960)

Le 26 juin, jour de fête nationale, tous les habitants de Madagascar se réunissent pour commémorer ensemble un événement qui marquera à jamais l’histoire de leur île, le jour où Madagascar fût officiellement indépendante !

Vers une colonisation par la France

Suite au remaniement politique mené le Premier Ministre de la reine Ranavalona II, Madagascar prend son essor. Face à cette croissance, la France et l’Angleterre manifestent de plus en plus d’intérêt à l’égard du pays et tentent d’en profiter. En 1883, une guerre franco-malagasy éclate. 2 ans plus tard, un traité de paix est signé laissant à la France une certaine domination sur Madagascar. Les relations instables laissent naissance à un deuxième conflit qui se solde par un nouvel échec. Les tentatives de rébellion s’enchainent et Madagascar devient officiellement une colonie française en 1896. Les colons jouissent de cette domination pour exploiter les ressources agricoles, minérales et humaines au service de la France.

Découvrir :  Madagascar, une île très convoitée (des premiers hommes au XIXème siècle)

Des conflits contestataires à l’insurrection

C’est le général Galliéni qui est à la tête du pays. Afin de faire croitre l’activité économique du pays, il instaure le travail forcé et encourage l’installation des colons européens. En mars 1946, le Mouvement démocratique de la rénovation malgache (MDRM) dépose un projet de loi visant l’indépendance de l’île. Le gouvernement français désapprouve. Dans l’ombre, des rebelles forment des sociétés secrètes et tentent quelques révoltes. Ce qui n’était qu’une simple jacquerie se transforme en une véritable lutte contre le pouvoir colonial. Les insurgés, passés de 2000 à 20000, n’hésitent pas à s’attaquer aux Français et aux travailleurs de l’administration française. Femmes, enfants et hommes sont capturés et massacrés, des actes de barbarie que le MDRM désavoue et fustige.

Une répression meurtrière

En 1947, face au refus des autorités françaises de revoir le traité, la Grande île se soulève et une guerre coloniale éclate. Les troupes françaises forment des bataillons constitués de malagasys et d’expéditionnaires. Elles décident de mener une répression aveugle. Les massacres font rage et décime la population civile. L’une des attaques les plus marquantes fût celle de militaires français dans le village de Moramanga. Ces derniers ont tirés sur 3 wagons dans lesquels étaient enfermés 166 insurgés prisonniers par peur d’une tentative de libération par leurs camarades.

26 juin comme…

Une année a été nécessaire pour mettre fin à cette guérilla et le gouvernement français impose toujours sa domination politique. Ce n’est que 3 ans plus tard, après de nombreuses luttes, que Madagascar obtient son indépendance… un certain 26 juin 1960.

Cette date clé marque la fin d’une ère et le début d’une autre, une histoire chargée d’épisodes plus ou moins glorieux. Depuis plusieurs dirigeants et présidents se sont succédés, laissant une nation tantôt unie, tantôt divisée.

Marion a été bénévole pour notre association de protection des enfants des rues à Madagascar pendant plusieurs mois. Habituée à conter ses aventures dans des récits de voyages, elle en a profité pour écrire de nombreux articles sur l’île rouge pour notre blog.

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À Ambohijatovo, une cascade gronde

À Ambohijatovo, une cascade gronde

A 14km au sud-ouest d’Antsirabé à Madagascar, le village d’Ambohijatovo recèle une cascade dont le chemin pour y parvenir n’est connu que des locaux. Aina, guide de notre agence de voyages locale, aidé de son cousin Ndranto sont partis en exploration. A présent, cet endroit n’a plus de secret pour eux et ils sauront en faire profiter les randonneurs qui ont soif de nouveautés. Suivons-les le temps d’une journée pour profiter des joies de la cascade et en apprendre davantage sur les richesses culturelles des alentours. 

VILLAGE D’ANDRAIMASINA : POINT DE DEPART

Une piste un peu cabossée rejoint le village d’Andraimasina, point de départ de la randonnée. Il est recommandé d’apporter avec soi quelques gouttes de rhum artisanal pour respecter la coutume locale, sans oublier le maillot de bain. Les croyances et traditions locales invitent le voyageur à verser quelques larmes de rhum dans la cascade pour poursuivre sa route en toute sérénité avec la bénédiction des anciens.

DES ANCÊTRES CHOYÉS PAR LEUR FAMILLE

Après avoir passé un premier village, quelques tombeaux bordent la route et nécessitent de s’y attarder. Il n’est pas rare de croiser dans les campagnes Malagasy ces sites sacrés parfois isolés, parfois situés à la périphérie des villages voir même en leur centre. Leur présence reflète l’adoration profonde qu’ont les malagasy à l’égard de leurs ancêtres, les Ntaolos. Les villageois consacrent autant de temps à prendre soin de leur foyer que du tombeau familial, jusqu’à parfois y laisser toute une fortune. Si l’on observe bien, les tombeaux sont toujours orientés vers l’Ouest, point cardinal par lequel le mal est rejeté du sanctuaire emporté par le soleil qui se couche à l’horizon. Vous entendrez peut-être un jour un villageois dire : Velona iray trano, maty iray fasana ; ce qui veut dire « Ensemble dans la maison, ensemble dans le tombeau ». Rien ne séparera une même famille, même après la mort. D’ailleurs les portes et maisons sont faîtes de bois et les tombeaux de pierre, matériau bien plus résistant offrant à tous les occupants de ce dernier un abri pour l’éternité. Les villageois construisent aussi ces sépulcres à des endroits stratégiques afin que leurs murs dévient les vents et évitent ainsi quelques dommages aux maisons.

COLLINES ET RIZIÈRES À PERTE DE VUE

Les collines striées par les terrasses verdoyantes se succèdent et laissent les randonneurs sans voix. Au détour d’un chemin, une maison offre la possibilité aux plus gourmands de prendre un café accompagné de quelques beignets. Avant d’atteindre la cascade d’Ambohijatovo, il vous faudra ôter vos chaussures pour traverser une rivière. C’est l’occasion de relaxer ses petits petons.

PAUSE PIQUE-NIQUE LES PIEDS DANS L’EAU

En tendant l’oreille, le bruit de la cascade parviendra peut-être à vos oreilles. Les villageois racontent que la cascade annonce la mort prochaine d’un d’entre eux quand elle gronde plus fort. Encore quelques mètres pour atteindre un joli point de vue. Son eau déferle à grande vitesse à travers les méandres avant de chuter un peu plus à la verticale.

Quelques rochers bordent la rivière et invitent les randonneurs à venir s’y prélasser. C’est l’occasion d’enfiler le maillot de bain pour y faire trempette et jouer dans les remous. Après quelques heures, il faudra penser à quitter ce petit paradis. Le retour s’effectuera par le même chemin.

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Cornes de zébu et objets miniatures à l’honneur au marché des artisans

Cornes de zébu et objets miniatures à l’honneur au marché des artisans

Sur le chemin menant au parc de l’Est à Antsirabé, plusieurs artisans proposent de découvrir leur savoir-faire dont Mamy, fabricant de miniatures et les sculpteurs sur corne de zébu…

UN POUSSE-POUSSE PAS COMME LES AUTRES

Designer de formation, Mamy a eu l’idée dans les années 90 de fabriquer des objets en miniature à partir de matières à recycler. Sa source d’inspiration : les moyens de transports utilisés à Madagascar. De ses doigts expérimentés, il fabrique en modèle réduit des vélos, des pousse-pousse, des 2CH, des vespas, des bus et des avions.

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Tout commence sur une feuille de papier. Deux à trois mois sont nécessaires pour concevoir le prototype, rechercher les matières premières et créer des outils adaptés. Une simple roue de vélo demande tout un tas de matières. La gente est faite de fer blanc, les rayons de fil de pêche et les pneus à partir d’un tuyau de perfusion périmé. Il se sert d’une gaine de frein de vélo pour concevoir le cadre, d’un fil électrique pour le guidon et d’un fil de téléphone pour les câbles. Et pour les pédales ? Un simple morceau de tong fera l’affaire. Après 2h de travail minutieux, un vélo nait des mains de Mamy. Joli travail !

Dans la dernière maison réside une équipe d’artisans qui sculptent de la corne de zébu pour créer de multiples objets. Il suffit de s’installer confortablement sur les blancs pour découvrir cet art typiquement malagasy. Avant de commencer, le choix de la corne à sculpter prime. Si le zébu qui a été abattu était trop jeune, la corne se brisera. Trop vieux, elle s’écaillera. L’idéal est d’obtenir les cornes d’un zébu âgé entre 8 et 12 ans. Pour la couleur, tout dépend du pelage de l’animal qui peut-être noir, clair ou marbré.

Tout d’abord, l’artisan plonge la corne dans de l’eau bouillante pour séparer l’os de son enveloppe. Puis il utilise la partie externe pour commencer à y sculpter grossièrement une cuillère. Afin de la protéger, il la trempe dans un bain composé d’huile et de cire d’abeille et l’assouplie en la chauffant. La cuillère est ensuite comprimée dans un pressoir. Suivent 4 étapes de polissage : les 2 premières à l’aide de 2 papiers abrasifs, la troisième à l’aide d’une superposition de disques découpés dans un jean ou à partir de la cendre de l’écorce du riz, la dernière grâce à de l’argile blanc. Un jean par jour est nécessaire pour le polissage. La sciure des cornes produite par chacune de ces étapes servira en tant qu’engrais. Il suffit d’une corne pour sculpter un tronc de baobab mais plusieurs pour les branches. L’atelier propose toutes ses créations à la vente dans la boutique attenante. Vaisselles, objets décoratifs et bijoux ornent les présentoirs. Parfait pour emporter avec vous un peu de Madagascar et de son artisanat traditionnel.

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Rencontre avec Francois et M. Ri, artistes au marché des artisans

Rencontre avec Francois et M. Ri, artistes au marché des artisans

A quelques mètres du parc de l’Est à Antsirabé, une grande propriété blanche aux volets rouges et arborée d’un joli jardin floral abrite 2 ateliers, celui de François, peintre sur coton et la fabrique de broderie de Monsieur Ri. Tous deux invitent les plus curieux à pousser les portes de la maison pour découvrir leur art.

MADAGASCAR SUR LA TOILE

En entrant dans la boutique de François, la couleur y est omniprésente et l’atmosphère accueillante. Des centaines de toiles tapissent les murs. Des paysages typiquement malagasy aux scènes de la vie quotidienne en passant par des corps longilignes ou des motifs plus graphiques, il y en a pour tous les goûts. Cet homme au regard pétillant saura vous livrer tous les secrets de son art avec passion.

Installé en 2016 à Antsirabé, François pratique la peinture sur coton depuis 20 ans. Il a appris aux côtés de son frère Apollone qui lui a transmis son savoir-faire. Aujourd’hui, c’est au tour de François de transmettre sa passion à son neveu. En fonction de la finesse du dessin, cet artiste utilise différentes techniques. La première consiste à utiliser une colle appelée Gutta avec laquelle il dessine les contours sur une toile de coton tendue. Après séchage, il dépose au pinceau et avec doigté différentes couleurs obtenues en mélangeant des pigments et de l’eau. Le geste est précis et délicat. Il n’a pas le droit à l’erreur. La peinture se propage entre les fibres du tissu et la magie opère. Les couleurs se mélangent créant ainsi de jolies nuances. Plusieurs heures de travail sont nécessaires pour obtenir une jolie toile à exposer chez soi.

Cet artiste talentueux utilise également une deuxième technique à base de paraffine chaude appelée Batik qui signifie point ou encore goutte. Quand elle est déposée en la jetant du pinceau, la cire forme de petits points, d’où le nom. Il l’emploie pour des motifs plus imposants qu’il trace au crayon en amont. Le pinceau biseauté chargé de cire effleure le tissu et dessine de jolies courbes, le tout guidé par la main experte de François. Une fois le dessin terminé et la paraffine sèche, l’artiste colore le tissu par touches successives.

Les toiles ainsi obtenues n’attendent plus qu’à être exposées sur les murs des maisons pour se souvenir des richesses de la grande île rouge.

L’ATELIER DE MONSIEUR RI ET SES BRODEUSES AUX DOIGTS DE FEE

Il suffit de passer dans la pièce d’à côté pour contempler les broderies raffinées qui ornent les nappes, les rideaux, les napperons et les habits proposés à la vente.

Broderie

Après une courte présentation, Monsieur Ri vous emmènera au deuxième étage, là où tout commence. Bertine assise sur le sol, tamponne d’une poudre bleue une matrice faite de papier isolant de transformateurs marquée d’un motif poinçonné, le tout positionné sur un tissu. Quelques coups brefs et le dessin est tracé. L’étape d’après se poursuit au rez-de-chaussée. Une dizaine de brodeuses, les yeux fixés sur les tissus manient les aiguilles et les fils de couleur avec délicatesse. Chacune a sa spécialité. L’une brode des motifs floraux, une deuxième les animaux, d’autres les personnages. Les techniques varient aussi : certaines utilisent le point de Richelieu et d’autres le point de Croix.

La qualité de ces broderies fait de l’atelier un endroit reconnu dans tout le pays.

 

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A la découverte du papier d’Antemoro et du raphia crochet

A la découverte du papier d’Antemoro et du raphia crochet

Dans la rue qui mène au parc de l’Est à Antsirabé, l’atelier de Fanja invite les promeneurs à découvrir la fabrication du papier d’Antemoro et l’art du raphia crochet, deux savoir-faire qui font la renommée de la grande île rouge.

LE PAPIER D’ANTEMORO, UN SAVOIR-FAIRE VENU D’ARABIE

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Reconnaissable à sa qualité et à son originalité, ce papier tire son origine de celle du papyrus. Découvrons son histoire et les étapes de sa fabrication.

Artisans - papier antemoro-1

Selon un manuscrit arabico-malgache datant du XVIème siècle et conservé à la Bibliothèque nationale de Paris, l’histoire raconte qu’un boutre venu d’Arabie, fit naufrage sur les côtes Est de Madagascar. Les marins musulmans voulurent conserver les versets de leur manuscrit sacré. Détenant les secrets de fabrication du papyrus, ils partirent à la recherche d’une plante similaire et découvrirent l’Avoha, arbuste de la famille des mûriers. De cette plante, ils en tirèrent une pâte permettant la fabrication d’un papier cartonneux mais solide. Ils en profitèrent pour convertir les Antemoros, peuple de la région, et les obligèrent à retranscrire les lignes du Coran sur ce nouveau type de support. Des siècles plus tard en 1936, M. Pierre Matthieu, un planteur de café français, réussit à déceler les secrets de fabrication de ce papier et étendit sa production à plus grande échelle. Il s’installa à Ambalavao pour améliorer le principe de fabrication et donner au papier d’Antemore une seconde vie.

Dans l’atelier de Fanja, Gilbert décore de pétales de fleurs fraîches des rectangles de pâte de papier. Il tire ce savoir-faire de son père et de son grand-père qui lui ont transmis. Il est aujourd’hui le créateur de tous les produits vendus dans la boutique.

Pour produire ce papier de qualité, les écorces d’Avoha sont plongées dans une eau bouillante mélangée à de la soude caustique pendant 5 heures. Après cuisson, Gilbert obtient une bouillie qui sera ensuite lavée, rincée et écrasée au pilon. Divisée en boule, la pâte est diluée dans de l’eau et versée dans un tamis lui-même plongé dans une cuve pleine d’eau. L’artiste répartit à la main la pâte uniformément sur toute la surface. Puis il laisse écouler l’eau du bac dans le but d’obtenir une fine couche de papier régulière au fond du tamis. L’étape suivante consiste à déposer délicatement quelques fleurs sur la pâte encore humide.  Pour finir, il recouvre le décor floral d’une fine couche de pâte diluée avant de laisser l’ensemble sécher au soleil. Les feuilles ainsi obtenues serviront dans la composition de cartes postales, d’albums, de livres d’or, de papiers à lettre, de pochettes et plus encore.

LE RAPHIA, UN FIL PAS COMME LES AUTRES

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Dans la même cour se trouve aussi la fabrique d’objets en raphia. Ce fil tire son nom du palmier Raphia ruffia ou Raphia taedigera, plante largement répandue en bordure des forêts tropicales d’Afrique occidentale et centrale ainsi qu’à Madagascar. Le fil est obtenu en prélevant le dessous très tendre des feuilles avant qu’elles n’atteignent leur taille définitive. Les fibres translucides sont ensuite nouées et séchées au soleil. La dernière étape consiste à les fendre dans le sens de la longueur afin d’obtenir un filament soyeux.

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Les trois tricoteuses de l’atelier, Elia, Dina et Fanja, munies de leurs crochets, manient les fils de raphia avec dextérité. Elles les enroulent, les nouent… les mailles se succèdent et l’objet prend forme. Encore quelques derniers coups de ciseaux et un nouveau chapeau prend place dans la boutique. Trois jours ont été nécessaires pour le réaliser. Elles confectionnent également des sacs et des paniers et peuvent même faire du sur-mesure selon les désirs de leurs clients.

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Echappées à Ambositra, capitale de l’artisanat !

Echappées à Ambositra, capitale de l’artisanat !

Prononcé « Ambouchtr’ », Ambositra est le lieu parfait pour s’évader le temps d’un week-end. A seulement trois heures au Sud de la ville d’Antsirabé sur la RN7, elle est réputée pour son artisanat malgache mondialement connu. Cette escapade en pays Betsileo vous réservera de belles surprises.

Sur la route

Pour s’y rendre, il suffit d’emprunter un taxi brousse pour la modique somme de 7000 Ar depuis Antsirabé. Passages fréquents sur la RN7 jusqu’aux environs de 16h. Nouveaux voyageurs, entassez-vous les uns sur les autres, c’est l’occasion de faire connaissance avec vos voisins.

Votre esprit se laissera rapidement happer par les collines verdoyantes. A la saison des pluies, le vert luxuriant des rizières vient contraster le rouge des maisons et des torrents qui déferlent à grande vitesse.

A chaque village, il est possible de régaler ses papilles avec quelques fruits ou autres spécialités malagasys.

Ambositra - artisans

AMBOSISTRA, VITRINE DE L’ART ZAFIMANIRY

Après 3 heures de route, vous voilà arrivés à destination, dans la “Ville des Roses” dont les sculpteurs de bois font la réputation. De nombreuses boutiques permettent de contempler le savoir-faire de ces artisans aux doigts de fée. La finesse et l’originalité des statuettes, des objets décoratifs, de coffres, de tabourets, de chaises ou d’objets de la vie courante vous séduiront.

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Ces maîtres de la sculpture et de la marqueterie tirent leur savoir-faire de l’art Zafimaniry (prononcé “Zaf’ manir”). Ce peuple a échappé à la déforestation qui ravageait le pays au XVIIIème siècle et s’est installé dans le village d’Antoetra (“Antoetch’”), situé à une trentaine de kilomètres au Sud d’Ambositra.

Ambositra - artisans marqueterie

Leur art inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2008, s’imprègne de la culture austronésienne et arabe. Les formes géométriques représentent des réminiscences de signes magiques qui témoignent l’attachement de ce peuple à leur communauté, à leurs croyances et à leur environnement.

Ils utilisent une vingtaine d’espèces endémiques tels que le bois d’ébène, le palissandre ou encore le bois de rose, matériaux qu’ils adaptent selon l’utilisation.

D’autres plaisirs des yeux concurrencent l’art Zafirmaniry. La vannerie, les poteries, les lamba landy (tissu fabriqué à partir des cocons des vers à soie) et objets en corne de zébu vous surprendront. Pour les plus gourmands, des miels de litchis au goût typique sont vendus en bouteille et satisferont vos palais. Les fameuses falaises Zafimaniry offrent des conditions naturelles très favorables à l’apiculture.

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PLACE A LA DETENTE

Après toutes ces découvertes, pourquoi ne pas profiter d’un petit paradis arboré pour s’y détendre. L’hôtel Anjara propose des chambres au charme soigné avec tout le confort souhaité. Le soir, goûtez à quelques plats typiquement malgaches comme la viande de zébu ou le Ravitoto. Prononcé “Rav’tout”, cette recette traditionnelle malgache se prépare à partir de feuilles de manioc pilées que l’on cuit ensuite avec de l’ail et de la viande de porc bien grasse.

SUR LE CIRCUIT DES ORANGERS

Les campagnes autour d’Ambositra sont un véritable atout en matière de randonnée pédestre. L’hôtel propose les services d’un guide qui vous mènera à travers les villages et les rizières de la région. Comptez 5000 Ar par personne pour un guide à la journée. Pourquoi ne pas opter pour le circuit des Orangers ? En quittant la ville, passage par le marché aux zébus qui a lieu tous les samedis.

Madagascar - Ambositra

Quelques kilomètres plus loin, un premier village typiquement malgache se dresse en contre bas du chemin. Faite de terre crue, la maison traditionnelle se compose d’un rez-de-chaussée où le bétail est entreposé. Juste au-dessus, les chambres des parents et des enfants puis au dernier étage la cuisine toute enfumée par le foyer.

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La randonnée se poursuit à travers les rizières pour atteindre un magnifique point de vue. Attention ! Baptême de l’eau assuré ! Une atmosphère paisible règne à cet endroit, souvent ponctuée par des rires d’enfants du village voisin.

Le saviez-vous ? le panorama contemplé est celui représenté sur l’ancien billet de 2000 Ar.

Puis visite d’un second village entouré d’orangers, dont les fruits seront cueillis à partir du mois de mai.

Sur le chemin du retour, passage conseillé dans un atelier de sculpture du bois. Les hommes utilisent encore des moyens traditionnels comme le tour à main. Les femmes, quant à elles, se chargent de la finition et de la vente des objets artisanaux.

Plus que quelques mètres avant de rejoindre le centre-ville d’Ambositra, peut-être l’occasion d’acheter quelques souvenirs avant de repartir des images dépaysantes plein la tête.

Ambositra

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Où manger à Mangily (Tuléar) ?

Où manger à Mangily (Tuléar) ?

Voici une liste non exhaustive des endroits que j’ai pu tester lors de mon voyage à Mangily, au sud ouest de Madagascar. N’hésitez pas à laisser vos suggestions en commentaires !

Manger à Mangily, sous le tamarinier

Cette gargotte en plein air se trouve sur le chemin de chez Freddy à la plage.

Les plats sont simples, bons, frais et copieux !

Env. 8 000 ar

Manger à Mangily, Chez Belmond

… juste en face de chez Freddy : nous y avons mangé un très bon poisson grillé !

Env. 8 000 ar

Manger à Mangily, sur la plage

On vous conseille de commander aux pêcheurs de vous préparer un barbecue sur la plage : pour 15 000 ar, vous pourrez manger une langouste grillée pêchée le matin même (en fonction de la saison), au barbecue accompagnée d’une sauce tomate, d’une salade de tomates et de riz.
Nous vous conseillons Lido : 0347027720

Env. 15 000 ar

Mangily - langouste

Manger à Mangily, chez Lido

Ce n’est ni un restaurant, ni une gargotte.
Lido a été notre guide pendant plusieurs jours. Il nous a proposé de venir manger chez lui et sa famille.
On paye la nourriture (15 000 à deux) et il s’occupe du sakafo (nourriture). Au début, nous étions gênés car sa famille avait déjà mangé et restait en retrait. Finalement, c’était un super moment avec Lido, l’occasion de discuter de sujets plus informels et plus personnels. Un repas sous les étoiles et éloignés de la partie touristique de la ville. Un véritable moment de partage.
Lido : 0347027720

15 000 ar pour deux

Mangily - Panorama lagon

Rébecca

Rébecca a commencé stagiaire pour l’association à Madagascar, puis volontaire, pour enfin s’investir à temps plein pour l’ensemble de la fédération Grandira en tant que responsable communication (Grandir Ailleurs, Grandir Aventure et Grandes Latitudes)

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Évangélisation et colonialisme à Madagascar

Évangélisation et colonialisme à Madagascar

Les premiers missionnaires

Ce sont les Portugais qui, les premiers, ont essayé de prendre pied à Madagascar et de propager la foi catholique. Ce fut un échec. C’est à partir du XVIIe siècle que les Européens étendent petit à petit leur présence, non seulement au travers des traitants (nom donné aux trafiquants), mais aussi des missionnaires. Cela ne se déroule pas sans drames, comme celui de la tentative d’implantation des Français à Fort Dauphin dont les colons furent massacrés à Noël 1672.

Angleterre

Au début du XIXe siècle, les guerres du 1° Empire avec l’Angleterre prennent fin avec la signature du traité de Paris en 1814. La rivalité franco-britannique va pouvoir s’exercer d’une nouvelle manière, et comme nous allons le voir, entre autre, à Madagascar. Dans la Grande Ile, c’est le roi Radama 1° qui est monté sur le trône en 1810. 7 ans plus tard, ce roi signe un traité avec la Grande-Bretagne : il a décidé d’ouvrir son royaume à la civilisation étrangère. En 1820, il fait appel aux premiers missionnaires protestants britanniques qui appartiennent à la London Missionary Society. Ils s’installent à Tananarive et ouvrent leur première école au sein même du palais. Ces missionnaires transposent la langue malgache en caractères romains ce qui va permettre l’usage de l’imprimerie. Malgré cette collaboration, Radama 1° et son peuple n’adhèrent pas à l’enseignement religieux que ces missionnaires s’efforcent de répandre.

Découvrir :  Le Malagasy

Sous Ranavalona 1°

Le 21 juillet 1828, Radama 1° décède dans de mystérieuses conditions. Sa veuve lui succède sous le nom de Ranavolona 1°. C’est une femme illettrée, autoritaire, idolâtre, superstitieuse et à la sexualité exigeante. Elle demande aux missionnaires protestants de limiter leur action à l’éducation et de cesser tout prosélytisme. À partir de 1835, les adhésions au christianisme se multiplient. Ranavolana 1° considère que le christianisme est un moyen d’infiltration du royaume au service des ambitions coloniales européennes. De sanglantes réactions se produisent et Madagascar connait ses 1er martyrs. La reine expulse les missionnaires. Après un règne de 33 ans, elle décède le 16 aout 1861. Si en Europe Ranavolana 1° est surnommée la « Caligula femelle », elle incarne aux yeux de son peuple la fierté nationale face aux ambitions étrangères. Son fils lui succède sous le nom de Radama II.

Sous Radama II

Radama IIEn 1855, clandestinement et malgré les risques en courus, un missionnaire français, le père Marc Finaz, s’installe à Tananarive et se lie d’amitié avec celui qui n’est encore que le prince héritier. Déjà avant son sacre, celui-ci promulgue une loi d’amnistie qui permet aux chrétiens de sortir de la clandestinité. Il tourne le dos aux idées de sa mère et ouvre Madagascar aux étrangers. Une compétition évangélique et politique qui va laisser des traces durables débute entre les missionnaires protestants anglais et catholiques français. Le mécontentement s’étend et l’anarchie s’installe dans le pays. La princesse Radobo, épouse de Radama II fait savoir qu’elle se désolidarise de la politique de son royal époux. Le 12 mai 1863, celui-ci meurt étranglé et tout le monde s’accorde pour affirmer qu’il ne peut s’agir que d‘un suicide.

Un mois plus tard, la veuve de Radama II est couronnée sous le nom de Rasoherina. Elle décède sans postérité le 1° avril 1868. Des manœuvres de palais permettent à l’une de ses cousines germaines de monter sur le trône sous le nom de Ranavalona II. Celle-ci a reçu une éducation chrétienne et sait lire et écrire l’anglais et elle est acquise au protestantisme. Le dimanche 29 février 1869, la reine et l’inamovible 1er ministre Rainilaiarivony sont baptisés par un pasteur protestant dans l’enceinte du palais en présence de la famille royale et des dignitaires de la cour. À la suite de ce sacrement, le mariage religieux entre la reine et son 1er ministre est célébré. La Grande-Bretagne continue d’étendre son influence par l’intermédiaire de ses missions évangéliques. Même si la liberté religieuse est rétablie, ces évènements sont considérés comme une injustice par les catholiques.

Les Norvégiens à Antsirabe

Les missionnaires anglais et français ne sont pas les seuls à s’efforcer de convertir les Malgaches. À partir de 1867 la Norvegian Society s’implante à son tour à Madagascar. Séduits par le climat et les vertus de curatives de la source thermale d’Antsirabé, ces missionnaires créent un centre de cure. Quelques années plus tard, l’occupant français en fera le « Vichy malgache »

Les Français

Le 13 juillet 1883, la reine Ranavalona II décède ans laisser d’héritier direct. C’est une nièce de la défunte que le toujours inamovible 1er ministre Rainiliairivony fait couronner sous le nom de Ranavalona III et qu’il s’empresse d’épouser. La situation entre la France et Madagascar continue à se dégrader. Un premier conflit débute en 1883 pour s’achever 2 ans plus tard. Les opérations militaires se sont enlisées et c’est la négociation qui s’impose sur fond d’âpre rivalité franco-britannique. En France, l’influence des missionnaires anglais est vivement critiquée.

Sur place, une guerre par la presse

Sur place, cet affrontement se poursuit par voie de presse. Le journal catholique « Resako » répond aux attaques du journal protestant « Ny Teny Soa ». Ils se qualifient mutuellement d’idolâtres et exhortent les Malgaches à suivre leurs confessions respectives. Pour les catholiques, les protestants sont des agents diplomatiques au service de la Grande-Bretagne. C’est ainsi qu’en 1883, la « Revue des deux mondes » affirme que les missionnaires protestants se sont rendus maîtres du gouvernement et des consciences malgaches.

Madagascar, vers une colonie française

À la suite de la conférence de Berlin en 1885, les puissances européennes se sont réparties leurs zones d’influences respectives en Afrique. Un accord est intervenu entre la France et l’Angleterre. Les Anglais en échange de Zanzibar laissent les mains libres aux Français à Madagascar ; on connait la suite. Le 28 février 1897, la reine Ranavalona est contrainte d’abdiquer. Madagascar devient une colonie française.

Les relations entre les missionnaires et l’administration coloniale sont ambigües. Nombre d’administrateurs coloniaux et autres gouverneurs sont francs-maçons, partisans de la laïcité voir d’un ferme anticléricalisme. En 1905, en pleines péripéties brutales de la séparation de l’église et de l’état, Paul Bert devait déclarer que « l’anticléricalisme n’est pas un article d’exportation ». En effet, le colonisateur a trop besoin de s’appuyer sur les missionnaires sans oublier de les surveiller afin de savoir réprimer, à l’occasion, leur prosélytisme s’il risque de poser des problèmes à l’administration locale. Aux yeux des Malgaches cette attitude allait favoriser l’idée, loin d’être fausse, d’une collusion entre christianisme et colonisation.

Après la 1ère Guerre mondiale, les Papes Benoit XV et Pie XI sont conscients du danger que cette situation peut créer auprès des peuples colonisés. Dans leurs encycliques, il est affirmé que « le royaume de Dieu est au-dessus des nationalismes. . . un clergé doit être tiré de la population locale ». Un jeune clergé autochtone doit prendre la relève des missionnaires européens. A Madagascar, comme dans les autres colonies, ces pasteurs et ces prêtres vont s’éveiller au sentiment national et ils ne seront pas étrangers aux évènements qui vont conduire à l’indépendance de leurs pays respectifs.

Découvrir :  Le 26 juin, date du souvenir (du XIXème siècle à 1960)
Gérard Naal

Proche de l’association depuis ses débuts, Gérard écrit pour le blog depuis sa mise en ligne. Il y a quelques années, Gérard Naal a réalisé combien l’histoire de Madagascar était méconnue tant des Français que des Malgaches, il a donc regroupé notes et comptes-rendus de nombreuses publications universitaires pour rédiger un livre disponible ici.

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Madagascar et les baobabs

Madagascar et les baobabs

Il ya cent millions d’années, Madagascar s’est séparée de l’Afrique. Cet isolement a permis le développement d’une diversité exceptionnelle de la faune et de la flore.

Endémisme

Ce sont 13 000 espèces de plantes dont 80 à 90°/° sont endémiques qui prospèrent dans la Grande Ile. Cela signifie qu’elles ne sont observables qu’à Madagascar. Parmi ces espèces endémiques, l’une des plus remarquables est celle des baobabs. De par le monde, on compte huit espèces de baobabs dont six n’existent qu’à Madagascar.

L’Allée des Baobabs

L’un des sites le plus photographiés de la Grande Ile est l’Allée des Baobabs (découvrir notre séjour solidaire à l’Allée des Baobabs > ici <) . Une douzaine d’arbres d’une trentaine de mètres de haut, âgés de 800 ans, bordent la route qui conduit à Morondova dans la région du Menabe, dans l’ouest de l’île. Comme nous le verrons plus loin, ils appartiennent à l’espèce Andansonia grandieri. Ce sont les derniers survivants de ces forêts tropicales denses qui ont prospéré à Madagascar.

Allée des Baobabs

Baobabs et climats

Les baobabs ont su s’adapter aux différents climats de l’île. La côte orientale et nord offre un climat chaud et humide. La pluviométrie élevée explique la présence de forêts luxuriantes. Au contraire, le sud-ouest subit un climat aride avec une faible pluviométrie et des précipitations aussi irrégulières que brutales.

Les baobabs présentent un aspect massif et impressionnant. Leurs branches qui ressemblent à des racines donnent l’impression qu’ils ont été plantés à l’envers. Le tronc poli constitue une réserve d’eau qui permet à l’arbre de supporter des conditions climatiques sévères. Les feuilles n’apparaissent que pendant une courte période. Elles tombent pendant la saison sèche afin de limiter la perte en eau. La pollinisation est assurée par des papillons ou des chauves-souris tandis que la dissémination des graines est effectuée par les lémuriens et autres mammifères.

Un peu d’histoire…

Le nom scientifique des espèces de baobabs est précédé du préfixe Andansonia. Ce nom leur a été donné en hommage à Michel Adanson (7 avril 1727 – 3 août 1806). Il est la parfaite illustration de ces naturalistes comme Buffon qui se sont illustrés au Siècle des lumières.

Michel Adanson est remarqué par ses maîtres dès l’âge de 14 ans. Quelques années plus tard, il effectue un séjour de cinq ans au Sénégal. Il se livre à d’innombrables observations et rapporte d’importantes collections botaniques. En 1761, il publie sous forme de mémoire illustré la 1ère étude qui ait été réalisée sur les baobabs. À l’âge de trente ans, en 1757, il est élu à l’Académie des sciences. Malheureusement, Michel Adanson va se fourvoyer dans des tentatives de publications d’encyclopédies à compte d’auteur qui vont le ruiner. Il meurt dans la misère et le plus grand dénuement. Ces quelques lignes auront eu le mérite de rendre justice à ce savant, bien oublié, de nos jours.

Adansonia grandidieri

Andansonia grandieri ou baobab de grandiéri. Ce sont ceux que l’on rencontre dans l’allée du même nom. Il s’agit de la plus grande des espèces et ils peuvent atteindre 30 mètres de haut pour un diamètre de 7 mètres.

Andansonia suarezensis

…ou baobab de Diego Suarez . C’est une espèce de grande taille en voie également de disparition qui se trouve dans le nord de l’île.

Andansonia perrieri

ou baobab de pierri est une espèce menacée dont il existe encore des spécimens dans la région d’Antsirana, dans le nord de Madagascar.

Andansonia madagascariensis

ou baobab de Madagascar. Cette espèce n’est pas endémique à l’île, car il en existe quelques un à Mayotte. L’un des plus beaux spécimens est visible à Majunga. On les trouve dans les forêts sèches ou demi-sèches. Leurs tailles varient de 5 à 20 mètres.

Andansonia rubrostipa

ou baobab fony est une espèce de petites tailles, 4 à 5 mètres de hauteur. Il est typique des forêts sèches, car il est capable de stocker de l’eau dans son tronc.

Andosonia za

…ou baobab za est une espèce également en voie de disparition dont on découvre des spécimens dans le sud, l’ouest et le nord Ouest de l’Île.

Le baobab, sauveur des survivants de Mahalafy…

C’est dans le sud-ouest de Madagascar que se trouvent les zones les plus arides. Dans cette région ont découvre le vaste plateau calcaire Mahafaly. Il est bordé par deux cours d’eau, au nord le fleuve Onilahy et au sud, le fleuve Menarandra. Il n’offre ni eau de surface, ni lac, ni cours d’eau. Lors de la courte saison des pluies, les précipitations sont rares et brutales. La végétation dont les baobabs, s’est adaptée à sept mois de saison sèche et se présente sous forme de bush.

Les habitants de cette région qui ont donné leur nom à ce plateau, les Mahafaly, appartiennent à l’ethnie Antandroy. S’ils sont réputés pour leur art funéraire, ce sont de pauvres agropasteurs qui pratiquent l’élevage des zébus et des chèvres. Leur quête de nouveaux pâturages les contraint à une perpétuelle transhumance.

Dans le courant du XVIIe siècle, les Français ont tenté d’implanter un établissement dans le sud de Madagascar, à fort Dauphin. Cette expérience devait dramatiquement tourner court. Avant d’être contraints d’abandonner les lieux, les Français ont introduit dans la région la culture du figuier de barbarie, originaire du Mexique. Une fois les épines de la figue de barbarie ôtées, elle permet de nourrir et d’hydrater le bétail ce qui allait permettre le développement de l’élevage. À partir de 1920, et pendant une dizaine d’années, à une sécheresse particulièrement importante s’est ajoutée une invasion d’insectes parasites qui s’est principalement attaquée aux figuiers de barbarie. L’absence d’eau et de nourriture a entrainé une famine catastrophique qui a décimé la population Mahafaly et son bétail.

Ce sont leurs qualités d’observation qui vont sauver les survivants. Ils ont remarqué que l’eau qui stagne dans les cavités des troncs des baobabs ne croupie pas et reste longtemps consommable. La solution qui s’imposait et qui perdure était de creuser le tronc de ces baobabs afin de les transformer en citernes qui sont remplies d’eau lors de la saison des pluies. Ce sont plusieurs centaines d’arbres qui sont ainsi utilisées.

Cette pratique est unique au monde. Il n’existe pas d’explication scientifique qui justifie cette capacité que possède ce bois spongieux et de mauvaises qualités qui, au bout d’une attente de six mois après avoir été creusé, se transforme en une efficace citerne.

Malheureusement, ainsi que cela a été dit, les baobabs font partie des espèces en grand danger de disparition. Ce sont des colosses aux pieds d’argile qui sont victimes de la pression des activités humaines sur l’habitat forestier. Le défrichement fait disparaître les pollinisateurs et les disséminateurs ce qui interrompt le cycle de reproduction. La population vieillit et seuls les individus matures survivent. À plus ou moins court terme, on ne pourra que continuer à assister au déclin, déjà bien entamé, de l’espèce.

Gérard Naal

Proche de l’association depuis ses débuts, Gérard écrit pour le blog depuis sa mise en ligne. Il y a quelques années, Gérard Naal a réalisé combien l’histoire de Madagascar était méconnue tant des Français que des Malgaches, il a donc regroupé notes et comptes-rendus de nombreuses publications universitaires pour rédiger un livre disponible ici.

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Les tirailleurs malgaches et la Première Guerre mondiale

Les tirailleurs malgaches et la Première Guerre mondiale

En cette période de commémoration des grandes batailles de la Première Guerre mondiale, il semble opportun de rappeler le rôle et la conduite des soldats malgaches qui ont combattu en métropole sous le drapeau français.

Colonies françaises et ressources humaines

“La force noire”

En France, nombreux sont ceux qui attendent cette guerre. Elle doit être celle de la revanche qui va permettre le retour de l’Alsace et de la Lorraine annexées par l’Allemagne depuis la défaite de 1870. Cependant, les cercles militaires sont conscients du déséquilibre démographique qui existe entre la France et l’Allemagne, à l’avantage de cette dernière. C’est un officier colonial, le futur général Mangin qui pense avoir trouvé la solution grâce aux ressources humaines des colonies dont les ressortissants pourraient être engagés en métropole. Il exprime cette idée dans un ouvrage intitulé « La force noire ». À partir de cette proposition, le ministère de la guerre estime que 160 000 hommes pourraient être ainsi mobilisés en temps de paix et trois ou quatre fois plus en temps de guerre.

Développer un sentiment d’appartenance

Bien que cette idée soit diversement accueillie, la majorité s’y rallie. C’est ainsi que dans l’édition du 03 septembre 1910 du quotidien « Le matin », le journaliste Adolphe Messimy écrit : « l’Afrique nous a couté des monceaux d’or, des milliers de soldats et des flots de sang. L’or nous ne songeons pas à le réclamer, mais les hommes et le sang, elle doit nous les rendre avec usure » ! Le 07 février 1912, le Journal officiel publie un décret qui met en application ces dispositions. Dans les colonies, il est instauré un service militaire de quatre ans qui permet aux indigènes de souscrire des engagements sur la base du volontariat. L’armée qui se veut le creuset de l’unité nationale va pouvoir puiser dans les colonies afin de permettre aux peuples indigènes de développer un sentiment d’appartenance à la France.

tirailleurs malgaches

Tout au long de la Première Guerre mondiale, ce sont 607 000 combattants originaires d’outre-mer qui sont mobilisés. Si l’état major accorde sa confiance aux qualités guerrières des tirailleurs originaires d’Afrique noire, il n’en va pas de même pour les soldats indochinois et malgaches. Le général Galliéni, l’ancien « proconsul » de Madagascar, ministre de la guerre d’octobre à décembre 1915, met en doute les capacités militaires des Malgaches.

Recrutement de masse

À partir du mois d’août 1916, l’ampleur des pertes sur le front accélère le recrutement des troupes coloniales. À Madagascar, bien souvent, ce recrutement est contraint. Chaque recruteur bénéficie d’une prime de 2 francs par engagé, tandis que ces derniers, bien souvent des paysans endettés, reçoivent une prime de 200 francs. En 1917, c’est une levée de 32 000 hommes qui est réalisée, c’est-à-dire près des 4/5° de l’effectif total qui sera recruté. Tout au long de la guerre, ce sont 41 355 hommes qui sont incorporés et 34 386 envoyés en métropole, sans tenir compte des Malgaches qui sont envoyés en métropole pour aller travailler en usine.

26 bataillons malgaches

Jusqu’à 1918, les troupes malgaches vont constituer 26 bataillons d’étapes dont 3 sont présents sur le front d’Orient. Ils sont chargés de mission de logistiques et de travaux du génie. Le 16 avril 1917 est créée une unité combattante, le 12e bataillon de tirailleurs malgaches. Il est placé sous les ordres du chef de bataillon Groine. Le 5 mai suivant, il est engagé au combat pour la première fois. Cette unité s’illustre à plusieurs reprises et fait preuve d’une brillante conduite au feu avant d’être rattachée en 1918 à la division marocaine. Au début de cette même année, un ancien gouverneur de Madagascar, Hubert Garbit devient colonel-inspecteur des formations malgaches. À son initiative, 16 bataillons d’étapes sont dissous et ce sont 15 000 hommes rendus disponibles qui sont reversés dans des batteries d’artillerie.

Le 27 mai 1918 commence la seconde bataille de la Marne. Le front est enfoncé, les troupes allemandes qui progressent de 45 kilomètres s’emparent de Château- Thierry dans l’Aisne et se retrouvent à 70 kilomètres de Paris. C’est la fin de la guerre des tranchées, le retour à la guerre de mouvement avec ses incertitudes, ses surprises et ses méprises.

Tragique méprise

Le 31 mai, le 59e bataillon de Chasseurs à pied se replie en bon ordre. Au sud de Coincy, à quelques kilomètres de Château-Thierry, ces Chasseurs essuient le feu d’une troupe qui s’est retranchée dans la ferme de Plaisance après avoir été sévèrement accrochée par les Allemands. Tragique méprise puisque les lieux sont occupés par le 12e bataillon de tirailleurs malgaches. Le malentendu dissipé, les deux unités se regroupent malgré le feu d’automitrailleuses ennemies surgies par la route de Château-Thierry. Une partie des effectifs français et Malgaches réussies à se replier tandis que l’autre est contrainte de se retrancher dans la ferme Plaisance alors que le chef de bataillon Groine est tué. Pendant plusieurs heures, au coude à coude, et au prix de lourdes pertes, Malgaches et Français vont résister. Ils ne se rendront qu’après avoir tiré leur dernière cartouche. À près d’un demi-siècle de distance, ils rééditent l’exploit, magnifié par le célèbre tableau d’Alphonse de Neuville « Les dernières cartouches ». Les tirailleurs malgaches sont les dignes héritiers des troupes de marine qui se sont illustrées lors de ce combat à Bazeilles, en 1870.

C’est non sans émotion que l’auteur de ces lignes relate ce fait d’armes. Son grand-père faisait partie des Chasseurs à pied qui réussirent à briser l’encerclement.

Un régiment de chasseurs

Du 29 mai au 03 juin, le bataillon malgache recense 46 tués, 220 disparus, 298 blessés. En ces quelques jours, sur un effectif de 1159 hommes, ce sont 564 tirailleurs qui ont été mis hors de combat, preuve de l’acharnement et de la violence des affrontements de cette seconde bataille de la Marne. À en croire le bulletin de la Section d’information du Grand Quartier Général publié en 1919, ce sont 2 368 soldats malgaches qui sont déclarés morts pour la France. Le mérite de ce bataillon est reconnu. Il est la seule unité malgache dont le drapeau arbore la fourragère aux couleurs du ruban de la Croix de Guerre 1914-1918 assorti de trois palmes. Ultime reconnaissance, l’appellation bataillon est remplacée par celle de Chasseur, attribuée à l’élite de l’infanterie de l’armée française. Comme beaucoup d’autres unités issues de la guerre, le 1° régiment de Chasseurs Malgaches est dissous le 30 octobre 1921.

Un retour au pays difficile

C’est avec lenteur et difficulté que s’effectue le retour des soldats malgaches. Comme les moyens de transport maritime consacrés à cette opération sont insuffisants, ils se retrouvent parqués dans des camps de transit. Les autorités sous-estiment l’impatience de ces soldats d’outre-mer qui ont passé de longs mois loin de chez eux. Cette attente donne lieu à divers incidents. Certains de ces rapatriés sont porteurs du virus de la grippe espagnole. Cette épidémie qui a fait en Europe autant de victimes que la guerre se répand à Madagascar. Autant que l’on puisse l’établir, on déplore plus de 85 000 morts dont, environ, 21 000 en Imérina.

La principale aspiration de ces anciens combattants qu’ils estiment être un dû en raison de leurs sacrifices, est l’accès à la nationalité française. D’autre part, certains de ces rapatriés ont acquis une nouvelle conscience politique. C’est ainsi qu’un engagé volontaire, l’ancien instituteur Jean Ralaimongo, va devenir l’un des premiers animateurs du mouvement d’émancipation malgache. En 1920, il devient président fondateur de la « Ligue française pour l’accession des indigènes de Madagascar aux droits des citoyens français. »

Les Malgaches présentent à la France une créance de sang et d’honneur. La France ne va pas honorer cette dette. Mais ceci est une autre histoire…

Gérard Naal

Proche de l’association depuis ses débuts, Gérard écrit pour le blog depuis sa mise en ligne. Il y a quelques années, Gérard Naal a réalisé combien l’histoire de Madagascar était méconnue tant des Français que des Malgaches, il a donc regroupé notes et comptes-rendus de nombreuses publications universitaires pour rédiger un livre disponible ici.

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