Colonisation de Madagascar

La colonisation de Madagascar appartient à ce grand mouvement de visées colonisatrices qui anime les puissances européennes à la fin du XIX° siècle. Sous l’impulsion du Président du Conseil, Jules Ferry, la France se lance dans une ambitieuse politique colonisatrice en Afrique comme en Asie. Dans un discours prononcé le 28 juillet 1885, Jules Ferry justifie cette politique en proclamant : “… les races supérieures … ont le devoir de civiliser les races inférieures “.

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DEBARQUEMENT DES TROUPES FRANCAISES

Le 23 avril 1895, les troupes françaises débarquent à Majunga. Après une progression dramatique, une colonne s’empare de Tananarive six mois plus tard. Et le 1° octobre de cette même année, est signé un traité de protectorat. La pacification de la Grande Ile est loin d’être terminée. Ce sera l’œuvre du général Galliéni et le 6 août 1896, après que la reine Ranavalona III ait été déposée, Madagascar devient une colonie française. Ce seront dix-neuf gouverneurs qui succéderont au général Galliéni avec des fortunes diverses.

La pacification est loin d’être définitivement acquise. C’est ainsi qu’en 1904, une révolte embrase le sud de l’île. Tout au long de sa présence, le colonisateur va user de toutes les possibilités juridiques qui s’offrent à lui pour imposer sa domination. Depuis 1887, le code de l’indigénat est appliqué dans toutes les colonies. Il distingue deux catégories de citoyens, les citoyens français et les sujets, au sens de l’ancien régime. Ce code est imposé à Madagascar en 1901. Cette justice administrative qui ne s’applique qu’aux “indigènes” permet de punir sans procès contradictoire. Elle s’applique dans tous les domaines de la vie courante et permet de juguler toute résistance à l’ordre colonial. Le code de l’indigénat perdurera jusqu’en 1946.

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CORVÉE

Alors que la Révolution française avait mis fin à la corvée, elle est rétablie à Madagascar sous l’appellation de prestations. Tout Malagasy âgé de seize à soixante ans doit trente jours de prestations à l’administration coloniale. Cette corvée ne sera également abolie qu’en 1946. Ce n’est qu’à partir de cette date que les Malagasy pourront circuler librement, de jour comme de nuit, résider où bon leur semble et ne plus se voir imposer un emploi. En attendant, en 1928, est mis en place le Service de la Main d’œuvre des Travaux publics d’intérêt général (SMOTIG). Ce système permet de recruter une main-d’œuvre corvéable au travers d’un régime de travail obligatoire. A tout ce ci s’ajoutent la domination économique de la métropole ainsi que les excès de la fiscalité et ses dérives. C’est ainsi que de 1903 à 1905, ce sont 16 000 contribuables défaillants qui sont emprisonnés pour des durées variables et condamnés à des travaux d’utilité publique.

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NATURALISATIONS

Si depuis 1909, les Malagasy peuvent solliciter l’obtention de la nationalité française, les conditions à remplir sont si drastiques que peu de citoyens français seraient aptes à l’obtenir. C’est ainsi que de 1909 à 1922, ce ne sont que 90 naturalisations qui seront accordées bien que plus de 30 000 tirailleurs Malagasy aient honorablement combattu en métropole lors de la première guerre mondiale. Petit à petit, le nombre de naturalisations va augmenter tout en restant peu important. Pour l’année 1931 ce ne sont que 93 naturalisations qui sont octroyées et 38 en 1935. Les bénéficiaires sont en majorité des fonctionnaires ou des médecins.

GUERRE MONDIALE

Lors de la seconde guerre mondiale, le régime de Vichy s’impose à Madagascar. Il met fin brutalement à toutes les aspirations des Malagasy. Ce régime est balayé en 1942 à la suite d’un débarquement britannique avant que l’île soit rétrocédée à la France Libre. Afin d’assurer la reprise en main, la nouvelle administration double les prestations et les peines prévues par le code de l’indigénat.
Si la pacification semble acquise, elle n’a jamais fait disparaître le sentiment nationaliste. Il s’est réfugié dans divers mouvements ou société secrètes comme Vy–fer-Vato-pierre-Sakelika dont les membres sont interpellés, jugés et condamnés en 1915. Leur but était de s’émanciper de la tutelle européenne. A partir de 1936, l’idée d’indépendance gagne du terrain mais la deuxième guerre mondiale va mettre fin à toute possibilité d’évolution.

Au cours de cette guerre, à l’exception de l’Indochine, les colonies vont jouer un rôle essentiel en se ralliant à la France Libre. En 1944, le Comité Français de Libération Nationale organise la conférence de Brazzaville afin de déterminer ce que sera le rôle et l’avenir de l’empire colonial. Sont prévus l’abolition du code de l’indigénat et une politique d’assimilation en faveur des colonies.

MARCHE VERS L’INDEPENDANCE

A Madagascar, ces espoirs sont déçus.ce qui entraine le durcissement de divers mouvements politiques locaux. Des troubles ponctués de grèves et de manifestations ont lieu. A la fin du mois de Mars 1947 éclate une insurrection armée. Malgré une brutale répression, elle s’étend. Les exécutions n’empêchent pas les campagnes de se soulever. Comme dans toute insurrection les excès sont le fait des deux bords. En décembre 1948, cette insurrection est matée. Elle va laisser de profondes traces dans la population Malagasy.
Les temps changent, les opinions évoluent aussi bien sur le plan international que français. En 1956 est instaurée l’Union Française qui doit permettra aux colonies africaines et à Madagascar de progresser dans la voie du self government La marche vers l’indépendance est inéluctable. En 1958, est élue à Madagascar une Assemblée constituante. Le 29 Avril 1959, elle propose une constitution qui s’inspire des institutions de la V° République. L’indépendance est proclamée le 22 Juin 1960.

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